À l’occasion de la clôture des États généraux de la Justice à Kinshasa, samedi 16 novembre, le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, a lancé un appel fort en faveur d’une réforme judiciaire audacieuse. « Tous les détourneurs de deniers publics sont en train de se la couler douce et font même des déclarations sur les médias et les réseaux sociaux comme s’ils en avaient le droit », a-t-il dénoncé avec vigueur.
L’officiel a pointé du doigt une impunité qui fragilise les institutions, plaidant pour la création d’un parquet financier spécialisé et le renforcement des compétences des instances judiciaires existantes. Dans son discours, Constant Mutamba a insisté sur l’urgence de mettre fin à la criminalité financière, soulignant que cette dernière « mine la crédibilité de l’État de droit en RDC ».
Selon lui, certains criminels notoires, pourtant accusés de détournement de fonds publics, affichent un comportement provocateur en roulant dans des véhicules de luxe et en organisant des conférences de presse. « Il est inadmissible que ces individus, responsables de préjudices graves pour la population, continuent de vivre dans l’opulence et l’arrogance », a-t-il martelé.
Cet appel a été salué par plusieurs observateurs, mais aussi accueilli avec scepticisme par des organisations de la société civile, qui exigent des actions concrètes et immédiates. Pour Me Lucien Banza, avocat et militant contre la corruption, « les paroles doivent maintenant être suivies d’effets. La création d’un parquet financier est essentielle, mais il faut aussi des mécanismes pour garantir son indépendance ».
Le combat contre l’impunité en RDC semble plus que jamais être au cœur des attentes citoyennes.

