Ituri : au côté des FARDC, la Monusco tente de contenir les violences armées et assure la sécurité des civils à Djugu

Depuis deux semaines, les miliciens de la Codeco, Coopérative pour le développement du Congo, intensifient leurs attaques dans le groupement de Djaiba, en territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri. Plusieurs dizaines de morts sont enregistrés depuis le 7 février 2025.

Entre attaques des sites des personnes déplacées internes par les uns, et riposte par les autres groupes armés, la situation sécuritaire se détériore à nouveau dans le territoire de Djugu, à cause de cette escalade des violences.

D’après le service de l’information et communication de la mission onusienne en Ituri, le convoi des Fardc déployés pour contenir les menaces des miliciens a essuyé des tirs dimanche dernier 23 Février 2025 vers le village de Masumbuko.

Des échanges de tirs ont été également signalés le même jour entre miliciens de la Codeco et de Zaïre vers Largu. Des dizaines de maisons ont été incendiées à Ngazba et Masumbuko par les belligérants, ajoutent des sources locales. On signale aussi des scènes de pillages de boutiques par des miliciens à Largu. Conséquences : de nombreux habitants dans la zone ont trouvé refuge aux sites des déplacés de Rhoe et de Djangi, qui sont sous la responsabilité des casques bleus de la MONUSCO.

« Ici, c’est l’assurance de rester en vie », déclare l’un des nombreux déplacés qui passe ses nuits devant la base de la MONUSCO à Djaiba, rasséréné par la présence des casques bleus qui effectuent des patrouilles de sécurisation aux alentours des camps de déplacés. Des patrouilles qui dissuadent les assaillants d’attaquer les déplacés, y compris jusque dans l’enceinte des camps de déplacés.

Dans le territoire de Djugu, il y a aussi Drodro, Roe et d’autres sites où la MONUSCO assure la protection de centaines de milliers de personnes. Et, face à ces attaques récurrentes de miliciens, les casques bleus de la MONUSCO ont intensifié leurs patrouilles sur l’axe routier Ngazba-Largu ; ils ont aussi renforcé leur présence autour de l’hôpital de Drodro et de l’église catholique qui servent de refuge à de nombreux déplacés.

À en croire Jean Tobi Okala, grâce aux mécanismes d’alerte précoce mis en place par la MONUSCO, ces déplacés ont parfois la vie sauve. Un coup de fil (gratuit) suffit pour alerter la MONUSCO ou les FARDC d’une attaque imminente ou en cours, pour qu’une équipe d’intervention soit immédiatement envoyée sur le lieu. Comme ce fut le cas dans la nuit de dimanche 9 au lundi 10 février 2025.

« Nous vivons encore dans la peur. La MONUSCO nous a fourni un numéro d’alerte, afin que nous puissions les contacter dès qu’un problème survient », Birungi, habite à Djaiba.

Dans le territoire de Djugu, comme partout ailleurs en Ituri, les populations ne jurent que par le retour de la paix, et la démobilisation des miliciens qui ont plongé la province dans l’insécurité depuis 2017.

Joël

Dernières nouvelles

Actualités connexes