La justice militaire a frappé fort à Butembo. Vendredi 28 février, le Tribunal militaire de garnison a condamné 55 soldats des FARDC à la peine de mort, un verdict aussi sévère qu’inédit dans un contexte sécuritaire tendu à l’est de la RDC. Ces militaires ont été reconnus coupables de lâcheté au front, violation des consignes et pillages, des comportements considérés comme une trahison en pleine guerre contre les groupes armés.
« La discipline, c’est la mère des armées, donc pas de l’indiscipline », a martelé le major Georges Nkuwa, auditeur militaire.
Parmi les accusés figuraient également deux civils poursuivis pour espionnage et trahison, ainsi que deux combattants Wazalendo jugés pour pillage. Un militaire a écopé de cinq ans de prison, tandis que six (06) autres prévenus ont vu leur cas renvoyé faute de compétence du tribunal.
Cette décision illustre la volonté des autorités de restaurer la discipline dans une armée en proie à des défaillances internes. Alors que la RDC fait face à des offensives du M23 et d’autres groupes armés, la rigueur de la justice militaire vise à dissuader toute forme de désertion et de manquement aux ordres.
Cependant, cette sévérité interroge : dans un pays où la peine de mort est systématiquement commuée en prison à perpétuité, cette condamnation relève-t-elle d’une véritable justice ou d’une démonstration d’autorité ? Une question qui reste en suspens alors que la situation sécuritaire demeure critique.

