Depuis l’insécurité qui a frappé Uvira du 17 au 23 février 2025, fragilisant presque toutes les activités étatiques et socio-économiques, une accalmie, bien qu’aussi fragile, se dessine à ce jour.
L’ouverture des marchés, des moyens de transport, des banques, de certains services étatiques, des églises, mais aussi des écoles qui fonctionnent malgré tout au ralenti, et tant d’autres services ont repris paisiblement leurs activités quotidiennes.
Par ailleurs, selon le Mouvement citoyen Machozi ya Raiya, la ville fait face à une situation des cas de justice populaire sans précédent. Cette structure regrette cependant l’absence de l’autorité de l’État dans cette partie de la province du Sud-Kivu.
« Il est triste de constater que les institutions judiciaires, notamment le parquet, le tribunal de paix, le tribunal militaire, l’auditorat militaire et même la police, peinent toujours à fonctionner, alors qu’il est vraisemblablement impossible d’appréhender une paix à long terme sans la justice, qu’elle soit militaire ou civile, détenue par ces institutions dans un État de droit. Le 19 février, nous avons assisté à une évasion massive des prisonniers. Les portes de la prison de Mulubge ont été cassées par des militaires fuyards qui voulaient libérer leurs compagnons détenus. Des milliers de bandits ont pris le large. Cette prison, qui hébergeait plus de 1216 détenus, dont plus de 450 voleurs à main armée, a vu ces derniers s’évader », a déclaré Mussa Ali Rutamu, Coordonnateur Provincial de ce Mouvement.
Et de poursuivre : « Les conséquences sont désastreuses pour la population d’Uvira. Même sous une haute patrouille de plusieurs forces de sécurité, les voleurs démontrent leur engagement à vaquer toujours à leurs activités criminelles. Ils se sont mis à voler jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à voler. Une fois arrêtés par la population, faute de cachot, ils sont interrogés, molestés puis brûlés. Des tribunaux populaires constitués par des jeunes des quartiers, mais aussi des Wazalendo, ont prononcé plusieurs condamnations à mort et exécuté publiquement et sommairement des bandits à main armée. Rien que pour le mois de février, nous avons enregistré plus de 42 cas de justice populaire. Mais le plus dangereux, c’est la cour de règlement de comptes qui n’est pas en reste dans différents quartiers. Tous les magistrats tant militaires et civiles avec leurs familles ont fui, disons inutilement la ville Uvira et apparemment ils ne comptent plus même pas y rentrer. Certains d’entre eux sont allés au Burundi, d’autres vers Kalemie ».
Il faut rappeler que, face à cette situation de vacance imprévisible du personnel des institutions judiciaires, le mouvement citoyen Machozi ya Raiya, lance un cri d’alarme aux différents niveaux pour qu’ils s’impliquent vigoureusement afin de rétablir le fonctionnement continu de ces institutions à Uvira.

