L’affaire Bukanga-Lonzo connaît un nouveau rebondissement. Accusé de détournement de fonds publics dans la gestion du parc agro-industriel du même nom, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo riposte. Devant la Cour Constitutionnelle, il a pointé 44 violations présumées de la Constitution, qu’il estime entacher gravement la procédure.
Pour ses avocats, l’affaire repose sur une instrumentalisation politique et une violation manifeste des droits constitutionnels de leur client. Le statut de sénateur de Matata Ponyo, selon eux, lui garantit certaines immunités, non respectées dans cette procédure. Ils demandent donc à la Cour de se déclarer incompétente et de rejeter l’action du ministère public comme irrecevable.
À l’origine du litige, le projet de Bukanga-Lonzo, lancé sous le gouvernement Matata, et censé relancer l’agriculture industrielle. Aujourd’hui à l’abandon, il représente pour beaucoup un symbole d’échec et de gaspillage de ressources publiques. Les sommes évoquées avoisineraient plusieurs dizaines de millions de dollars.
Ce procès suscite de vifs débats : s’agit-il d’une réelle volonté de lutter contre l’impunité, ou d’un règlement de comptes politique ? La réponse à cette question pourrait influencer l’avenir de la justice en RDC, notamment dans la lutte contre la corruption à haut niveau.
La Cour Constitutionnelle doit trancher prochainement sur la recevabilité de l’action. Quelle que soit l’issue, ce procès marque un tournant dans la relation entre institutions, justice et pouvoir politique en RDC.
Diddy MASTAKI

