Ce qui n’était au départ qu’une rumeur circule désormais à travers les cercles du pouvoir comme une certitude pour certains : Joseph Kabila aurait foulé le sol de Goma, voire celui de Kigali, ces dernières semaines. Une information explosive dans un contexte où la République Démocratique du Congo fait face à une résurgence violente du mouvement rebelle M23, accusé de recevoir un soutien du Rwanda.
Le ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, n’y est pas allé par quatre chemins. Face aux micros, le ton est ferme : « Il y a des preuves. Nous savons que M. Kabila s’est rendu à Kigali et à Goma ».
Une déclaration qui prend des allures de bombe politique dans un pays encore marqué par les blessures laissées par les alliances troubles et les guerres à répétition.
Dans le camp du PPRD, c’est la stupeur, mêlée à la colère. Les proches de l’ancien Président dénoncent une « machination politique » orchestrée pour détourner l’attention de l’échec du gouvernement à sécuriser l’Est du pays.
« Joseph Kabila est à Kingakati. Il n’a jamais quitté son domaine. Tout cela n’est que pure fiction », martèle un cadre du parti.
Mais dans les rues de Goma, où les mouvements militaires, les bruits de bottes et les convois humanitaires rythment le quotidien, les interrogations se multiplient. Pourquoi l’ancien Président serait-il revenu ? Et pourquoi maintenant ? Serait-ce un simple passage discret, ou le signe d’un retour politique à venir ?
À l’heure où la méfiance grandit à l’égard de Kigali, et où l’unité nationale est mise à rude épreuve, la figure de Joseph Kabila, longtemps silencieuse, réapparaît comme un fantôme au cœur de toutes les spéculations.
Si les preuves promises par le ministre sont effectivement rendues publiques, elles pourraient bouleverser le paysage politique et raviver des fractures anciennes. En attendant, la confusion demeure, et le silence de l’ex-président reste assourdissant.
Diddy MASTAKI

