Quand l’art dérange : Youssoupha, la « fierté Bantoue » et la colère de Kigali

Le pouvoir de la musique ne réside pas seulement dans les mots qu’elle chante, mais dans les vérités qu’elle ose dire. Et quand la vérité est inconfortable, les réactions sont rarement douces. À la veille du concert « Solidarité Congo », prévu le 22 avril à Paris, la participation du rappeur Youssoupha est devenue un sujet diplomatique brûlant.

C’est une phrase, une seule, qui a mis le feu aux poudres : l’artiste, dans un commentaire lié à sa participation au concert, s’est présenté non pas d’abord comme Congolais ou Africain, mais comme « Bantu ». Une revendication identitaire puissante, que d’aucuns ont saluée comme un geste de fierté culturelle. Mais pas Kigali.

Olivier Nduhungire, ministre Rwandais des Affaires étrangères, n’a pas tardé à dégager une comparaison aussi provocatrice que polémique : « C’est comme si un chanteur allemand ou français de l’après-guerre déclarait à propos d’un concert d’extrême droite.

« Lyriciste, oui, mais Aryen avant tout ». À travers cette analogie, Kigali accuse à demi-mot Youssoupha de porter une vision ethnique, donc cliente, de l’Afrique.

Mais faut-il vraiment comparer la fierté d’un héritage bantou, partagé par des millions de personnes sur le continent, à une idéologie racialiste européenne responsable d’un génocide ? L’exagération semble délibérée. Elle en dit long.

Diddy MASTAKI

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