RDC–Réaction de Doudou Fwamba : 350 millions USD disparus, milliards de royalties bradés, des salaires à 45 USD… un réquisitoire accablant contre Kabila

En réaction au discours très attendu de l’ancien Président Joseph Kabila prononcé vendredi 23 mai, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a livré une déclaration cinglante, qualifiant le bilan de 18 ans de règne de l’ex-chef de l’État de « tragédie nationale ».

Sur son compte officiel, Doudou Fwamba a brossé un tableau accablant de la gestion de Joseph Kabila, évoquant des scandales financiers, des pertes colossales pour l’État et de graves violations des droits humains. « Quelle tragédie ! », s’est-il exclamé, avant de détailler une série de faits marquants.

Selon le ministre, des actifs miniers ont été bradés à vil prix, au profit d’intérêts privés, tandis que des milliards de dollars issus de royalties dans les joint-ventures minières ont été accordés à des « amis étrangers ». Il a également pointé des retraits suspects à la Banque Centrale du Congo, évoquant le cas spécifique de 350 millions de dollars de pas de porte de la TFM (Tenke Fungurume Mining) dont la destination reste inconnue.

Doudou Fwamba a également dénoncé le financement de projets d’entreprises privées familiales à partir des fonds publics, une pratique qui, selon lui, a détourné l’État de sa mission première : servir le peuple.

Le ministre n’a pas manqué de rappeler les crimes de sang qui ont marqué les années Kabila, citant notamment les massacres des adeptes de Bundu Dia Kongo, de Mukungubila, de Kamwina Nsapu, ainsi que les morts lors des manifestations en faveur de la démocratie.

Sur le plan social, le constat est tout aussi alarmant : « Des enseignants clochardisés, avec un salaire de 45 à 60 USD par mois, des professeurs d’université sans assurance maladie, des sociétés publiques démantelées pour appartenir à une seule famille », a-t-il ajouté.

La sortie du ministre Doudou Fwamba s’inscrit dans une vague de réactions politiques qui ont suivi le retour au-devant de la scène de Joseph Kabila. Elle souligne une volonté affichée du gouvernement actuel de dresser un contre-discours ferme face aux critiques de l’ancien président, jugées par certains comme une tentative de réécriture de l’histoire.

Diddy MASTAKI

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