Massacres en Ituri : un député dénonce des complicités internes au sein de l’appareil sécuritaire

Alors que la province de l’Ituri pleure la perte de plus de 70 civils massacrés entre le 08 et le 10 juillet 2025 dans la chefferie des Walese-Vonkutu, les regards se tournent désormais vers l’appareil sécuritaire Congolais, accusé de complicités et de sabotage dans la lutte contre les rebelles ADF.

L’alerte a été lancée par Alain Siwako, député provincial du Nord-Kivu, qui s’exprimait à la suite des récentes attaques sanglantes dans les villages frontaliers entre l’Ituri et le Nord-Kivu. Pour lui, certaines personnes au sein même des structures sécuritaires œuvrent contre les efforts militaires engagés sur le terrain.

« Certains membres de l’appareil sécuritaire sabotent les opérations. Ils sont frustrés par les résultats atteints. Depuis dix ans, ils n’ont pas réussi à éradiquer l’ADF, que ce soit au Nord-Kivu ou en Ituri. Ces personnes sont bien présentes à Beni et à Bunia. Nous avons partagé des éléments probants avec les autorités civiles et militaires », a-t-il déclaré.

Lancée en 2021, l’opération SUJAA, menée conjointement par les armées Congolaise (FARDC) et Ougandaise, devait marquer un tournant décisif dans la lutte contre les ADF. Pourtant, les récentes tueries dans les localités de Makumo, Apakolu, Bandiboli et Ndalya soulignent les failles persistantes dans le dispositif sécuritaire.

Selon plusieurs sources locales, les assaillants ont attaqué méthodiquement des villages entiers, semant la terreur et détruisant tout sur leur passage. Les survivants parlent de scènes de cauchemar : des familles entières égorgées, des maisons incendiées, des corps abandonnés sans sépulture.

Les accusations portées par le député Alain Siwako viennent renforcer un sentiment croissant de méfiance vis-à-vis des forces de défense. Si elles sont confirmées, ces allégations révèlent un malaise profond au sein de l’armée et des services de sécurité, où certains éléments agiraient à contre-courant des objectifs officiels.

Dans un climat d’indignation nationale, les appels à une réforme en profondeur du secteur sécuritaire se multiplient. Pour de nombreux Congolais, il devient impératif de mettre fin à l’impunité et d’identifier les complices internes qui minent les efforts de stabilisation dans l’Est du pays.

Jusqu’ici, le gouvernement central n’a pas officiellement réagi aux propos du député. Mais sur le terrain, la colère gronde. Les acteurs de la société civile et les déplacés réclament des enquêtes indépendantes, la poursuite des auteurs de ces massacres, mais aussi une vigilance accrue contre les infiltrations dans les rangs des forces censées les protéger.

En Ituri comme au Nord-Kivu, les populations restent dans l’attente d’une paix réelle, une paix qui ne pourra être obtenue que si l’État prouve sa volonté de nettoyer ses propres rangs.

Diddy MASTAKI

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