Le samedi 02 août 2025, la ville de Beni, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, a accueilli une cérémonie de commémoration intense et significative à l’occasion de la deuxième année du GENOCOST. Plus qu’un simple devoir de mémoire, cette journée a été marquée par une double action : la publication d’un rapport de monitoring accablant sur les crimes récents attribués à l’AFC/M23 et l’inauguration officielle d’un mémorial en hommage aux victimes dans le Grand Nord.
Un rapport qui documente la barbarie
Le Collectif des Victimes de l’Agression Rwandaise (CVAR), par la voix de son secrétaire exécutif Aimable Gafurura, a livré un témoignage poignant sur les atrocités que continue de subir la population dans les zones sous contrôle du M23.
« En fait aujourd’hui, non, ce n’est pas seulement la Journée du GENOCOST que nous avons célébrée, mais aussi nous avons publié solennellement notre rapport de monitoring sur les crimes graves que nous attribuons à l’AFC/M23 commis dans les zones occupées », a-t-il déclaré.
Ce rapport met en lumière une série de crimes graves : massacres de civils, viols massifs, déplacements forcés, enlèvements… Il s’agit là de violations systématiques du droit international humanitaire perpétrées sous silence, selon le CVAR.
Gafurura a lancé un appel clair à l’attention de la population et des acteurs internationaux : « Nous demandons qu’ils puissent s’approprier cette activité et le rapport que nous avons publié aujourd’hui, pour qu’il y ait justice transitionnelle, mais aussi réparation en faveur des victimes ».
Implanter la mémoire pour briser l’oubli
Parallèlement à la publication du rapport, le collectif a annoncé l’implantation officielle du mémorial des victimes du GENOCOST dans le Grand Nord, un acte hautement symbolique pour rendre visible les douleurs souvent reléguées à la marge.
Un plaidoyer pour la justice populaire
Présent à la cérémonie, Pépin Kavota, président de la société civile de Beni, a plaidé pour que des procès publics soient enfin organisés : « Que les audiences publiques soient organisées contre les auteurs des crimes des massacres », a-t-il exigé.
Pour lui, la justice transitionnelle doit être concrète, visible et participative. L’impunité prolongée ne fait qu’aggraver les blessures des victimes et miner la confiance en l’État de droit.
Un combat qui interpelle les consciences
Alors que le monde reconnaît et commémore d’autres génocides, le GENOCOST Congolais, quant à lui, peine encore à obtenir une reconnaissance internationale pleine. À travers cette journée de commémoration, les Congolais demandent que justice soit faite, que vérité soit dite, et que la mémoire de leurs morts ne soit plus jamais effacée.
Diddy MASTAKI

