Une analyse géospatiale récemment publiée par Human Rights Watch (HRW) met en lumière une augmentation substantielle du nombre de tombes au cimetière militaire de Kanombe, à Kigali, depuis le début de l’offensive du groupe armé M23 et des Forces Rwandaises de défense (RDF) sur Goma et Bukavu en janvier 2025. Selon cette étude, le nombre de nouvelles tombes est passé de 1,7 par semaine entre 2017 et 2021 à 22 par semaine entre décembre 2024 et avril 2025, coïncidant avec les combats intenses autour de Goma et sa prise par le M23.
HRW a recensé 1 171 nouvelles tombes entre janvier 2022 et juillet 2025, dont 460 entre décembre 2024 et juillet 2025. La plupart de ces nouvelles tombes se situent dans la partie sud du cimetière, où une nouvelle zone a été défrichée entre le 4 et le 6 novembre 2024, accompagnée de la construction d’une nouvelle route.
Cette augmentation des tombes soulève des questions sur l’implication du Rwanda dans le soutien militaire au M23. Des rapports des Nations-Unies et des experts internationaux suggèrent que les forces Rwandaises ont apporté un soutien direct au M23, notamment en fournissant des équipements militaires avancés et en participant aux opérations sur le terrain.
Des accusations de crimes de guerre, telles que des exécutions sommaires et des violences sexuelles, ont été portées contre le M23/AFC/RDF, renforçant les préoccupations concernant la responsabilité du Rwanda dans ces violations.
Face à ces allégations, le gouvernement Rwandais a nié toute implication dans les activités du M23, qualifiant ces accusations de « sans fondement ». Cependant, les preuves satellitaires et les témoignages recueillis par HRW suggèrent une réalité différente, mettant en évidence la nécessité d’une enquête indépendante et impartiale pour établir les responsabilités.
Notons que la communauté internationale, y compris l’Organisation des Nations-Unies, exprime de plus en plus sa préoccupation face à la situation et appelle à des mesures concrètes pour mettre fin aux violences et garantir la justice pour les victimes.

