À Mambasa, dans la province de l’Ituri, l’appareil judiciaire est confronté à un sérieux dysfonctionnement. Depuis près de deux ans, le Tribunal de paix n’organise plus de procès en matière pénale, en raison d’une grave carence de juges. Cette situation bloque l’administration de la justice et crée un vide préjudiciable aux détenus et à la société en général.
Conséquence directe de cette paralysie : de nombreux détenus restent derrière les barreaux bien au-delà des délais légaux. Certains ont déjà passé deux à trois ans en détention préventive sans être jugés. La situation est d’autant plus alarmante que la plupart de ces personnes sont poursuivies pour des infractions mineures, punissables de peines inférieures au temps déjà écoulé en prison.
Le surpeuplement de la prison de Mambasa est devenu critique. Les conditions de détention se dégradent, mettant en danger la santé et la sécurité des détenus. La promiscuité et l’absence de procès prolongé renforcent le sentiment d’injustice et alimentent la frustration dans la population locale.
Face à cette situation, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC/Mambasa), à travers son coordonnateur Maître Jospin Paluku Mbowa, dénonce ce blocage de la justice comme « inacceptable et contraire aux droits fondamentaux des détenus » et appelle à une intervention rapide des autorités judiciaires et politiques pour relancer les activités du Tribunal de paix.
Maître Paluku Mbowa insiste sur la nécessité de rétablir le fonctionnement normal de la justice à Mambasa, non seulement pour protéger les droits des détenus, mais aussi pour désengorger la prison et restaurer la confiance de la population dans le système judiciaire. Selon lui, la remise en service effective des juges et la planification immédiate des procès sont indispensables pour prévenir d’autres abus et garantir une justice équitable.
Joël Heri Budjo

