RDC : l’AFC/M23 lance le test d’évaluation d’accession à la magistrature malgré les dénonciations de Kinshasa

RDC : l’AFC/M23 lance le test d’évaluation d’accession à la magistrature malgré les dénonciations de Kinshasa

Le lancement du test d’évaluation des candidats magistrats dans les territoires sous administration de l’AFC/M23, malgré les protestations de Kinshasa, apparaît comme un symptôme fort d’une occupation qui avance sa propre structure judiciaire.

Délion Kimbulungu justifie cette démarche : « L’ouverture des activités judiciaires ne devrait étonner personne. Elle rentre dans la nature même de la personnalité juridique internationale dont jouit l’AFC/M23. Elle assure que personne ne se rendra justice. Elle assure que la neutralité du secteur judiciaire existe dans les territoires libérés. Elle assure enfin un droit fondamental de chaque citoyen conformément à l’article 19 de la Constitution qui consacre l’accès à la justice ».

Cette citation révèle comment l’AFC/M23 prétend exercer une autorité parallèle, justifiant son action au nom du droit constitutionnel, alors même que le pouvoir central revendique toujours sa souveraineté sur l’ensemble du territoire.

En parallèle, Délion Kimbulungu ajoute : « Notre organisation a levé l’option de rebâtir l’État : Libérer notre peuple aujourd’hui pris en otage par une bande de terroristes d’État ; Stabiliser la situation sécuritaire ; Imprimer une gouvernance de proximité en faveur de nos populations. Après avoir entamé la construction d’une nouvelle armée, l’Armée Révolutionnaire Congolaise (ARC) dont les prouesses ne sont plus à démontrer sur le terrain ; dimanche 14 septembre 2025, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) inaugure deux événements de taille : la fin de formation des policiers professionnels à Rumangabo et le Test d’évaluation des candidats Magistrats ». Cette déclaration met en avant non seulement l’intention de remplacer des fonctions de l’État, mais aussi l’affirmation de compétence opérationnelle, sécurité et judiciaire, dans les zones qu’ils contrôlent.

Le pouvoir de Kinshasa face aux responsabilités non assumées

Si l’AFC/M23 se dote d’appareils administratifs, judiciaires et de sécurité dans les territoires occupés, la faiblesse du pouvoir légitime à Kinshasa apparaît dans sa capacité réduite à répondre efficacement aux réalités du terrain. Kinshasa proteste, mais ces protestations n’ont jusqu’à présent ni empêché les actes concrets de l’AFC/M23, ni restauré complètement l’administration nationale dans les zones occupées.

En outre, l’absence d’accord de paix durable, les retards structurels dans la gouvernance, et les difficultés à protéger les civils indiquent une inefficacité persistante. Par exemple, un reportage d’Africanews rappelle que « les deux parties n’ont pas réussi à respecter la date limite… pour parvenir à un accord de paix » entre le M23 et le gouvernement, malgré les déclarations de principe signées.

Cela suggère que le pouvoir central peine à imposer sa légitimité ou à négocier des conditions qui préservent l’intégrité du Congo. Ainsi, non seulement l’occupation par l’AFC/M23 fragilise la souveraineté, mais aussi l’inaction ou la lenteur des réponses de Kinshasa creusent un vide politique que les rebelles exploitent.

Notons que pour la population, cela représente un double défi : vivre dans des territoires où l’autorité change selon le territoire, et espérer que le gouvernement national assume ses devoirs de protection, de justice et de service public, partout.

Dernières nouvelles

Actualités connexes