Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu a publié le mercredi 10 décembre un communiqué officiel faisant état d’une situation extrêmement grave à Uvira, au lendemain des violences qui ont frappé la région le 09 décembre. Les autorités provinciales évoquent un bilan provisoire de plus de 413 civils tués lors d’attaques menées dans plusieurs localités du territoire.
Selon le communiqué, la ville d’Uvira est restée globalement calme durant la nuit du 09 au 10 décembre grâce à une présence renforcée des forces de défense et de sécurité sur les principaux axes. Toutefois, les autorités affirment que les combattants présents dans la ville seraient composés de forces spéciales rwandaises accompagnées de mercenaires étrangers, opérant « en violation flagrante du cessez-le-feu » et des accords négociés à Washington et à Doha.
Un bilan humain d’une ampleur exceptionnelle
Le Gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi Sadiki, qui s’est rendu le 07 décembre dans plusieurs centres de santé, rapporte des tueries à Kamanyola, Katogota, Luvungi, Bwegera, Luberizi, Mutarule, Lemera, Sange, Kiliba et Uvira. Les autorités évoquent des victimes tuées par balles, grenades et bombardements, parmi lesquelles se trouvent « de nombreux enfants, femmes et jeunes ».
Le Gouvernement provincial affirme que ces violences ne sont pas des actes isolés, mais relèvent d’une stratégie délibérée de terreur, visant particulièrement les familles de résistants locaux afin de « briser toute capacité de résistance » et provoquer des déplacements massifs.
Une crise humanitaire aggravée
Plus de 200 000 personnes auraient fui Uvira en moins de 48 heures, selon les estimations locales. Beaucoup se trouvent désormais sans abri, sans assistance et dans des conditions humanitaires qualifiées d’ « extrêmement précaires », les structures locales étant incapables de répondre aux besoins urgents.
Appel à la communauté internationale
Le Gouvernement du Sud-Kivu appelle la communauté nationale et internationale à prendre immédiatement la mesure de la situation, dénonçant de graves violations des droits humains et mettant en garde contre le risque d’un « nouveau carnage à grande échelle ».
Les autorités sollicitent une mobilisation urgente pour protéger les populations civiles, mettre fin aux attaques, restaurer durablement la sécurité dans la région.
Diddy MASTAKI

