La prise de la ville d’Uvira, survenue quelques jours avant la ratification des accords de Washington, suscite de vives interrogations au sein de l’Église catholique en Afrique centrale. Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, y voit le signe révélateur des limites des mécanismes diplomatiques actuellement privilégiés pour ramener la paix dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Intervenant lors de la clôture de la 15ᵉ Assemblée plénière de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique centrale (ACEAC), qui regroupe les conférences épiscopales de la RDC, du Burundi et du Rwanda, le prélat a dénoncé une approche qu’il estime déconnectée des réalités du terrain.
Selon lui, la chute d’Uvira met en évidence l’inefficacité d’accords et d’initiatives régionales qui peinent à garantir la sécurité des populations civiles. Il a également critiqué des processus qu’il considère comme insuffisamment inclusifs, estimant que l’exclusion des Congolais des discussions majeures fragilise toute perspective de paix durable.
Le cardinal Ambongo a en outre mis en garde contre ce qu’il qualifie de tentatives de « normalisation » de l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises, dans un contexte où les violences armées persistent et où la confiance envers les dispositifs diplomatiques s’érode.
Alors que la situation humanitaire demeure préoccupante dans plusieurs zones de l’Est du pays, l’appel de l’Église catholique résonne comme une invitation à repenser les cadres de négociation existants, en plaçant la souveraineté nationale, la justice et la protection des populations au cœur de toute initiative de paix.
Diddy MASTAKI

