À Bukavu, la dégradation de la sécurité s’impose désormais comme un fait structurant du quotidien urbain. Depuis la prise de contrôle de la ville par le M23, les quartiers connaissent une recrudescence de braquages nocturnes visant les commerces, habitations privées et petits points de vente. Des groupes armés, souvent équipés d’armes blanches, opèrent dans l’obscurité, profitant d’un affaiblissement visible des mécanismes de contrôle et de protection.
Cette situation touche indistinctement les trois communes de la ville et modifie profondément les habitudes sociales et économiques des habitants, contraints de limiter leurs déplacements et d’anticiper la nuit comme un risque.
Les incidents signalés dans la nuit du 18 au 19 janvier 2026 à Kadutu et Bagira illustrent une insécurité devenue diffuse et imprévisible, sans intervention apparente d’une autorité capable d’assurer l’ordre public.
Au-delà des pertes matérielles et des violences physiques, cette dynamique installe un climat de méfiance généralisée et fragilise la cohésion sociale.
L’insécurité ne se manifeste plus seulement comme un effet collatéral du conflit armé, mais comme une réalité quotidienne qui pèse durablement sur la liberté de mouvement, l’activité économique et le sentiment de protection des populations civiles.

