Des éléments du mouvement rebelle M23 ont tenu, mardi 20 janvier 2026, un rassemblement public dans la localité de Kamanyola, au Sud-Kivu, quelques jours seulement après avoir communiqué sur leur retrait de certaines zones de la province.
D’après des informations recueillies auprès de la société civile locale, les intervenants du M23 ont abordé la situation sécuritaire dans la région et laissé entendre qu’un retour à Uvira demeurait une option envisageable. Cette éventualité serait conditionnée, selon eux, à l’absence de déploiement d’une force dite « neutre » chargée de la protection des populations civiles.
Ces propos ont immédiatement ravivé les inquiétudes au sein des communautés locales, déjà éprouvées par des mois d’instabilité et de déplacements forcés. Pour plusieurs acteurs de la société civile, cette prise de parole publique contraste avec les annonces récentes de retrait et alimente le doute quant à la réelle volonté du groupe armé de s’inscrire durablement dans une dynamique d’apaisement.
Le contexte reste d’autant plus sensible que la zone de Kamanyola occupe une position stratégique, à la frontière entre plusieurs espaces affectés par les violences armées. Toute escalade pourrait, selon des observateurs locaux, avoir des répercussions sécuritaires et humanitaires importantes dans l’ensemble du Sud-Kivu.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités congolaises, ni de la communauté internationale, au sujet de ce rassemblement et des déclarations qui y ont été tenues. Sur le terrain, la population demeure dans l’attente, partagée entre l’espoir d’un retour progressif à la stabilité et la crainte d’une reprise des affrontements.
Diddy Mastaki

