Alors que les États-Unis d’Amérique affûtent leur réponse à la domination Chinoise sur les chaînes mondiales des minéraux critiques, des voix influentes comme celle de l’ancien diplomate Herman J. Cohen estiment que la stratégie Américaine en Afrique doit être réorientée vers un engagement durable et respectueux des priorités Africaines.
Dans un message publié ce vendredi 06 février sur son compte Twitter, Cohen a souligné qu’« alors que les États-Unis réorientent leur stratégie africaine et adoptent une approche sélective face à la Chine, il convient de le rappeler : l’Afrique recèle un immense potentiel », ajoutant que « dans les 10 à 20 prochaines années, c’est d’elle que proviendra une grande partie de la richesse mondiale. L’Afrique est le continent de l’avenir ».
Son intervention s’inscrit dans un contexte où l’administration Américaine cherche à réduire sa dépendance stratégique vis-à-vis de Pékin, notamment après la réunion ministérielle tenue à Washington le 04 février dernier. Cette rencontre, qui a réuni plus de cinquante pays producteurs et consommateurs de minéraux, dont des membres du G7, la Guinée, la RDC et le Kenya, a débouché sur des discussions autour de la création d’une zone de commerce dédiée aux métaux critiques aux côtés de l’Union européenne, du Japon et du Mexique.
Le débat s’articule autour d’un constat partagé par plusieurs experts et décideurs : la suprématie chinoise dans l’extraction et le raffinage des matières premières essentielles est jugée intenable pour les économies occidentales et leurs chaînes de valeur.
Cohen a insisté sur l’importance de l’engagement américain, avertissant que « réduire l’aide ou marginaliser l’Afrique risque de nuire aux intérêts américains » et que « l’histoire est formelle : si nous ne sommes pas présents, les Africains se tourneront vers d’autres pays ».
Sur le même sujet, le vice-président américain JD Vance a plaidé pour une collaboration renforcée entre alliés pour garantir un approvisionnement stable, et selon des informations de Bloomberg, une réserve stratégique de terres rares financée à hauteur de 12 milliards de dollars est en préparation pour sécuriser ces ressources critiques.
Face à ce quasi-monopole, la RDC, riche en cuivre et cobalt, apparaît comme un acteur incontournable du futur équilibre géo-économique : les analystes notent que pour les pays africains, « la question centrale n’est plus seulement l’extraction ou la transformation, mais la maîtrise stratégique des chaînes de valeur », une capacité déterminante pour transformer une rente minière en véritable moteur de développement industriel sur le long terme.

