RDC : Jérémie Mayani interpelle la CENCO et l’appelle à la neutralité cléricale face aux enjeux de l’État

À l’occasion du 63ᵉ numéro de l’émission Bozindo Bwa Sango, diffusée mercredi 04 février sur la RTNC2 et présentée par Madame Fidelia Kithumbu, Jérémie Mayani, communicateur du parti politique Ligue des Serviteurs de Nsingi Pululu, est intervenu sur les questions d’actualité liées à la sécurité nationale, à la diplomatie régionale et au rôle des confessions religieuses dans le débat public.

Son intervention faisait suite à la réaction médiatique de l’abbé Donatien N’Shole sur Top Congo FM, au cours de laquelle ce dernier a nié avoir été informé de la collaboration officiellement confirmée entre le Rwanda et le mouvement AFC-M23.

Pour Jérémie Mayani, cette déclaration qu’il a estimée « authentique et non issue d’une manipulation technologique » met en évidence la posture assumée de la CENCO sur des dossiers relevant de la souveraineté et de la diplomatie de l’État Congolais.

Un rappel de principes avant les critiques avant d’aborder ses observations, Jérémie Mayani a tenu à situer son propos dans un cadre institutionnel clair, estimant nécessaire de rappeler la distinction entre mission pastorale et responsabilité politique de l’État. C’est dans ce contexte qu’il a formulé deux critiques majeures à l’endroit de certains responsables ecclésiastiques :

Il a souligné que la gestion de l’État est fondamentalement différente de celle d’une paroisse, insistant sur la complexité des enjeux sécuritaires, diplomatiques et stratégiques.

Il a également estimé que le dialogue national ne saurait être assimilé au sacrement de pénitence, précisant qu’il ne s’agit ni d’un cadre de confession ni d’un espace d’absolution, mais d’un mécanisme politique régi par des règles institutionnelles.

Des propositions présentées comme une voie de sortie
Introduisant ses propositions comme une contribution au débat national et non comme une attaque contre l’Église, Jérémie Mayani a décliné trois pistes de réflexion :

Il a appelé les évêques au respect de l’apolitisme clérical, tel que prévu par le droit canon (n°287), les invitant à demeurer des pères pour tous selon l’esprit omnia omnibus, et à éviter toute posture susceptible d’alimenter les divisions politiques.

Il a estimé que la CENCO devrait prioritairement s’atteler à ses défis internes, notamment la baisse de la ferveur spirituelle, la diminution des vocations sacerdotales et la nécessité de renforcer la publication d’ouvrages d’enseignement biblique.

Il a enfin plaidé pour le renforcement des œuvres sociales, jugeant que la multiplication de communiqués à caractère politico-religieux dépasse le cadre traditionnel de la foi et des mœurs.

Une position personnelle clarifiée Jérémie Mayani a tenu à préciser qu’il s’exprimait en tant que catholique fervent, pratiquant et catéchiste, affirmant que sa démarche vise à promouvoir la clarté des rôles entre l’Église et l’État, dans l’intérêt de la cohésion nationale.

Il sied de signaler que cette sortie médiatique intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité autour des questions sécuritaires dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

Signalons par ailleurs que les propos de Jérémie Mayani relancent le débat sur les limites de l’engagement des confessions religieuses dans les affaires politiques de l’État.

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