Joseph Kabila Kabange, Président honoraire de la RDC, a reçu dans sa résidence de Goma, une équipe du média Belge La Libre Belgique. Quelques extraits de son entretien avec le journaliste Hubert Leclercq.
Selon cette interview analysée puis relancée par la Rédaction d’Africa-infos-cd, l’ancien Chef de l’État est revenu sur plusieurs aspects dont la situation et la crise sécuritaire qui frappe la partie Est, la révision de la constitution et le mariage politique FCC-CACH.
Ici l’intégralité de l’interview entre le Journaliste Hubert Leclercq et l’ex Président Joseph Kabila.
La Libre Belgique : Votre présence à Goma, siège de l’AFC/M23, suscite bien des questions?
Joseph Kabila Kabange : Goma, c’est chez moi. Je vous reçois dans la maison que j’ai achetée en 1999. L’acharnement contre ma personne et contre ma famille politique a commencé depuis 2019. Bien avant la naissance de l’AFC/M23. Je considère que je suis en droit d’être en contact et de parler avec tous les Congolais en ayant comme objectif principal la cohésion et la recherche de la paix. Pour moi, c’est même une mission.
La Libre Belgique : Pourriez-vous dire, comme l’a fait Corneille Nangaa, le coordonnateur de l’AFC/M23 et ancien patron de la commission électorale nationale indépendante (CENI), c’est toi qui ai mis au pouvoir Félix Tshisekedi, c’est à toi de le faire partir ?
Joseph Kabila Kabange : Je laisse ces propos à Corneille Nangaa. En 2019, ma famille politique a signé un accord avec CACH (la plateforme de Tshisekedi et Kamerhe, NdlR). On avait la majorité parlementaire à la Chambre et au Sénat, Tshisekedi ne pouvait gouverner sans cette majorité. On a donc créé ce partenariat politique pour qu’il y ait une gestion apaisée des affaires de l’État jusqu’aux prochaines élections. Par la suite, Tshisekedi et sa famille politique ont juré qu’il n’y avait jamais eu d’accord. Malheureusement pour eux, il n’y a qu’une seule copie, et je l’ai gardée parce que je savais que si je leur donnais, cela se retrouverait immédiatement sur les réseaux sociaux.
La Libre Belgique : Parlant de la Constitution, à Kinshasa, le régime ne cache plus son intention de la réviser ?
Joseph Kabila Kabange : Quelle Constitution? Pour Kinshasa, elle n’existe pas. Elle est ignorée depuis 2019. Alors, que vont-ils réviser au juste ? Je pense que l’idée c’est plutôt l’adoption d’une nouvelle constitution. Tout ce tripatouillage est dangereux, extrêmement dangereux.
Joseph Kabila Kabange : Beaucoup évoquent la balkanisation, moi je parle de la « soudanisation » de la crise en RDC. Il y a des points communs entre ce que traverse notre pays et ce qui a amené l’implosion du Soudan.
Joseph Kabila Kabange : « On a toujours été visé par le régime de Kinshasa. Est-ce que j’étais ciblé personnellement ? Est-ce la population congolaise qui était visée comme elle l’est depuis des mois dans le Masisi, sur les Hauts Plateaux ou partout ailleurs? Des enquêtes sont en cours. Mais je garde le moral.
Joseph Kabila Kabange : Je ne pense pas à demain, je pense à aujourd’hui. Je l’ai déjà dit en mai dernier, il faut mettre fin à cette dictature, cette tyrannie qui vient de s’installer. Et pour y arriver, il faut mobiliser, sensibiliser tous les Congolais, qu’ils soient en exil ou à l’intérieur du pays. Il faut que ce soit une mission pour chacun de nous. Et pour en finir avec ce régime, les Congolais ont à leur disposition l’article 64 de la Constitution (Tout Congolais a l’obligation de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation de la Constitution, NdlR).
Joseph Kabila Kabange : À l’allure où vont les choses, je pense que la Belgique est en train de se disqualifier. Sa capacité à accompagner l’actuel régime étonne. La Belgique doit se ressaisir et je constate que chez vous, il y a des gens qui sont conscients de tout ça. Ils essaient petit à petit de corriger le tir. Je veux aussi dire bravo à la justice belge qui s’intéresse au rôle néfaste de nombreux citoyens belges au Congo. Mais la Belgique a aussi cette capacité de se remettre en cause. C’est en tout cas ce que je souhaite.
Rédaction

