Sud-Kivu : plusieurs organisations de la société civile de Baraka et Fizi dénoncent la perception de 3000 FC imposée aux élèves

Le collectif de la société civile et des mouvements citoyens de Baraka et Fizi monte au créneau contre la perception d’une somme de 3000 Francs Congolais exigée auprès des élèves dans les provinces éducationnelles Sud-Kivu 2 et Sud-Kivu 3, qu’il qualifie de « pratique abusive et injustifiée ».

Dans une correspondance adressée à la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, avec copie à plusieurs autorités nationales et provinciales, ces organisations dénoncent une situation qu’elles jugent préoccupante et contraire aux droits fondamentaux des élèves.

Selon ce document, cette contribution est basée sur un arrêté provincial fixant les frais scolaires pour l’année 2025-2026.

Toutefois, la société civile souligne avec regret que les centres de formation et de récupération scolaire, censés bénéficier de cet appui financier, n’existent pas dans les zones concernées.

Plus grave encore, le collectif dénonce des cas de refoulement d’élèves des salles de classe pour non-paiement de cette somme. Une pratique jugée « inacceptable et contraire » à la Constitution de la République Démocratique du Congo, notamment en son article 43, ainsi qu’aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’enfant.

Les organisations pointent également une gestion opaque de ces fonds, marquée par plusieurs irrégularités, notamment : l’absence de compte bancaire pour sécuriser les montants perçus ; l’inexistence de centres de formation sur le terrain ; l’absence de tout projet concret de construction de ces centres et le manque d’un calendrier clair pour le début des activités annoncées.

Le collectif rappelle en outre un précédent inquiétant dans la gestion des fonds scolaires, où un agent chargé de la perception des frais de participation aux examens d’État avait pris fuite avec une importante somme d’argent, illustrant les risques liés au manque de transparence dans ce secteur.

Dans un contexte marqué par l’insécurité dans la région, la société civile estime que cette pratique constitue une forme de tracasserie contre les parents et un traumatisme pour les élèves, dénonçant une situation qui, selon elle, s’apparente à un sabotage des efforts du Chef de l’État visant à améliorer le secteur éducatif.

Face à cette situation, les signataires formulent plusieurs recommandations, notamment : l’annulation de la disposition concernée par le Gouverneur ; l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour identifier les responsables ; le remboursement des sommes déjà perçues auprès des parents ; et la prise de mesures urgentes pour rétablir l’ordre et la discipline dans le secteur éducatif au Sud-Kivu.

Bubasha djuma Bob

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