RDC : réforme de l’IBP, Kinshasa adapte la fiscalité aux entreprises opérant en devises étrangères

Dans un contexte de volatilité accrue du taux de change, le gouvernement Congolais engage un ajustement technique majeur de son dispositif fiscal afin de sécuriser les recettes publiques et garantir une meilleure équité dans l’imposition des entreprises.

À travers une communication officielle datée du 03 avril 2026, le ministère des Finances annonce l’entrée en vigueur de nouvelles modalités encadrant la détermination et le paiement de l’Impôt sur les Bénéfices et Profits (IBP) pour l’exercice fiscal 2026, portant sur les revenus de l’année 2025. Cette réforme cible principalement les entreprises opérant en devises étrangères, notamment dans les secteurs stratégique des mines, du pétrole et des hydrocarbures, ainsi que leurs sous-traitants.

Au cœur de cette mesure, une innovation technique : le résultat fiscal ainsi que le montant de l’IBP seront désormais calculés dans la devise de tenue de la comptabilité des entreprises concernées. Une approche qui vise à neutraliser les effets des fluctuations monétaires observées au dernier trimestre 2025, lesquelles ont fortement impacté la valeur réelle des obligations fiscales.

Dans le même esprit, les acomptes provisionnels devront être imputés dans cette devise, avec possibilité de conversion basée sur le taux de change indicatif fixé par la Banque Centrale du Congo au moment du paiement. Quant au solde de l’impôt, bien que déterminé en devise comptable, il devra être acquitté en francs congolais, selon le taux en vigueur le jour du règlement.

Derrière cette réforme se dessine une double ambition : renforcer la sincérité des déclarations fiscales et protéger les recettes de l’État face aux distorsions liées à la dépréciation monétaire. En filigrane, Kinshasa envoie également un signal de modernisation de son administration fiscale, en adaptant ses mécanismes aux réalités des grandes entreprises opérant dans un environnement largement dollarisé.

Cette évolution pourrait, à terme, contribuer à une meilleure prévisibilité fiscale pour les investisseurs, tout en consolidant la capacité de mobilisation des ressources internes, enjeu central pour le financement des politiques publiques dans un contexte économique encore fragile.

Diddy Mastaki

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