La chute brutale des cours du cacao sur le marché mondial ne se résume pas à un indicateur économique abstrait. En République Démocratique du Congo, elle frappe directement les producteurs, révélant la vulnérabilité d’une filière encore fragile.
Devant l’Assemblée nationale, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a reconnu l’ampleur du choc : « Alors que les cours mondiaux ont frôlé les 11 000 USD la tonne en 2024, ils se stabilisent aujourd’hui autour de 3 000 USD ».
Une crise qui se répercute sur le terrain
Derrière cette chute, ce sont des milliers d’agriculteurs qui voient leurs revenus s’effondrer. Dans plusieurs zones de production, le cacao représente l’une des rares sources de revenus monétaires, rendant les ménages particulièrement exposés aux fluctuations du marché international.
La baisse des prix intervient dans un contexte déjà contraint, marqué par des difficultés d’accès aux marchés, des infrastructures défaillantes et une faible capacité de transformation locale.
Une filière encore déséquilibrée
Le diagnostic posé par les autorités met en évidence des failles structurelles : une production dispersée, des coopératives peu organisées et un déficit de qualité lié aux pratiques post-récolte.
Ces limites réduisent la capacité des producteurs Congolais à négocier de meilleurs prix ou à accéder à des segments plus rémunérateurs du marché, notamment celui du cacao certifié ou transformé.
L’État sous pression
Face à cette crise, le gouvernement tente de repositionner la filière. Diversification des marchés, montée en gamme, transformation locale : autant de leviers évoqués pour amortir le choc.
Mais sur le terrain, la question centrale reste celle du délai. Entre l’annonce des réformes et leurs effets concrets, les producteurs doivent faire face à une réalité immédiate : la baisse de leurs revenus.
Une crise révélatrice
Au-delà du cacao, cette situation met en lumière une problématique plus large : la dépendance aux matières premières expose la République Démocratique du Congo à des chocs externes difficilement maîtrisables.
Pour Julien Paluku Kahongya, l’enjeu est désormais clair : transformer cette crise en opportunité pour restructurer durablement la filière.
Mais pour les producteurs, l’urgence reste quotidienne survivre à la chute des prix avant de bénéficier d’une éventuelle transformation du secteur.
Diddy Mastaki

