Grands-Lacs : François Rubota appelle au « démantèlement de la théorie du mensonge d’extermination des Tutsi » pour restaurer la paix en RDC

Dans une déclaration rendue publique le 27 février 2026, l’ancien ministre du Développement rural de la République Démocratique du Congo, François Rubota, a estimé que la paix durable dans la région des Grands-Lacs passe par le « démantèlement du mensonge des prétendus massacres ou extermination des Tutsis en RDC ».

Selon lui, il n’y aurait jamais eu de massacres planifiés visant les Tutsis en République Démocratique du Congo. Il appelle ainsi à déconstruire ce qu’il qualifie de « théorie de mensonge d’extermination », qu’il considère comme un récit ayant influencé plusieurs conflits armés dans la région depuis 1996.

S’appuyant sur le rapport Mapping des Nations-Unies, François Rubota évoque notamment les événements survenus en 1996 dans la région de Lemera, au Sud-Kivu, où des attaques auraient ciblé l’hôpital local, causant la mort de plusieurs religieux et membres du personnel médical. Il mentionne également l’existence présumée de fosses communes dans cette zone.

Dans ce contexte, il propose au gouvernement Congolais de solliciter en urgence les États-Unis et les Nations-Unies afin de mettre en place une enquête internationale indépendante.

Selon lui, cette enquête permettrait de faire la lumière sur les différentes déclarations et accusations formulées lors des manifestations organisées le 20 avril 2026 à Naïrobi et à Washington.

Il estime qu’une telle démarche permettrait d’identifier clairement les victimes des différents épisodes de violences et d’établir les responsabilités.

François Rubota dénonce également ce qu’il qualifie de « campagne de manipulation de l’opinion nationale et internationale », qui, selon lui, se poursuit depuis plus de trois décennies. Il affirme que les violences actuelles dans l’Est de la RDC ne ciblent pas uniquement les Tutsi, mais toucheraient « toutes les autres tribus et ethnies », qu’il attribue à une agression rwandaise qu’il qualifie de « deuxième génocide des Congolais ». Il fait également référence à la période coloniale sous le règne du roi Léopold II entre 1884 et 1908, qu’il considère comme une période marquée par de lourdes pertes humaines au Congo.

Par ailleurs, il cite le massacre de Gatumba, survenu le 13 août 2004 au Burundi, comme l’un des cas de violences touchant des victimes ntutsi, estimant qu’une enquête devrait permettre d’en déterminer les auteurs.

Dans son message, François Rubota met en garde contre la militarisation de certaines communautés locales, citant notamment les groupes Twirwaneho, Android et Gumino, qu’il accuse de se constituer en forces armées parallèles à l’État.

Il appelle également les Banyamulenge à ne pas céder à ce qu’il qualifie de manipulation extérieure, estimant que cette situation contribue à alimenter les conflits intercommunautaires et à fragiliser la cohabitation pacifique dans la région.

Il rappelle enfin que cette communauté aurait été impliquée, selon lui, dans plusieurs mouvements armés depuis 1996, notamment l’AFDL, le RCD, le CNDP, le M23 et des groupes affiliés, une situation qu’il juge révélatrice des dynamiques complexes du conflit dans l’Est de la RDC.

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