Kwilu : le DG de la DGREK Egide Wawende Waki fragilisé par un scandale financier, l’ombre d’une motion de défiance plane

Après plusieurs semaines d’investigations, de recoupements d’informations et d’analyses de documents officiels, Africa-infos.cd est en mesure de révéler un dossier explosif qui secoue déjà la province du Kwilu. Le Directeur Général de la Direction Générale des Recettes du Kwilu (DGREK), Egide Wawende Waki, est aujourd’hui au centre d’une vive controverse mêlant soupçons de détournement des deniers publics, mauvaise gouvernance, opacité dans la gestion des recettes et pratiques administratives contestées.

Selon les éléments réunis par notre rédaction, un montant estimé à 167.000.000 FC, provenant notamment des impôts fonciers perçus auprès de la SNEL à Bandundu-Ville, ferait l’objet de graves zones d’ombre. Plusieurs sources internes et politiques s’interrogent sur la traçabilité de ces fonds, qui n’auraient pas suivi les circuits normaux de versement au compte officiel de la régie financière. Cette affaire pourrait conduire à une motion de défiance au sein de l’Assemblée provinciale du Kwilu.

Mais le dossier ne s’arrête pas là. Des élus exigent aussi des explications sur la canalisation des recettes générées par plusieurs grandes entreprises de la province, notamment BRACONGO, VODACOM, AIRTEL, AFRICELL, ORANGE, SEP-CONGO, SNEL, REGIDESO, AFRIFOOD et d’autres sociétés majeures. Plusieurs interrogations portent sur le fait que certaines recettes seraient logées dans des comptes de fonctionnement au lieu du compte principal de la DGREK, voire perçues manuellement à travers ce que plusieurs dénoncent comme la pratique de “Maboko Banque”.

L’enquête de Africa-infos.cd révèle également des soupçons liés à l’utilisation de numéros privés M-Pesa, attribués à certains responsables de la régie, pour la collecte des recettes publiques. Une méthode qui suscite de sérieuses inquiétudes quant à la légalité, la sécurisation et la traçabilité des fonds de l’État. Des élus demandent à connaître les garanties mises en place, ainsi que la répartition exacte de ces fonds entre l’Assemblée provinciale, le Gouvernement provincial et la DGREK.

Autre sujet brûlant : la mission effectuée à Loange, sur laquelle plusieurs députés exigent des éclaircissements. Ils réclament la présentation de l’ordre de mission, l’identité de son signataire ainsi que les résultats concrets de cette descente. De la même manière, des questions sont soulevées sur le nombre réel de réunions de travail tenues par le DG avec le Gouverneur et le Ministre provincial des Finances, avec demande expresse de transmission des procès-verbaux correspondants à la plénière.

Les députés veulent également obtenir la situation détaillée des recettes de juillet 2025 à mars 2026, couvrant impôts, taxes, redevances et autres droits perçus par la régie. Ils exigent de savoir quelles entités ont été les plus performantes, sur quelles bases, et pourquoi les résultats globaux de la DGREK demeurent contestés malgré les annonces officielles.

Sur le plan administratif, des nominations et notifications d’agents à Kikwit et au poste de Loange auraient été effectuées sans arrêté préalable du Gouverneur, pourtant exigé par les textes. Si cela est avéré, il s’agirait d’une violation grave des procédures réglementaires.

Au plan social interne, des documents consultés par Africa-infos.cd révèlent des écarts salariaux choquants :

DG : 4.000.000 FC/mois
DGA : 3.000.000 FC/mois
Directeur : 500.000 FC/mois
Chef de Division : 300.000 FC/mois
Inspecteur : 250.000 FC/mois

Une disparité dénoncée par plusieurs agents, d’autant plus que certains inspecteurs détiendraient les mêmes grades administratifs que les chefs de division.

Des témoignages recueillis sous anonymat évoquent en outre un climat de tribalisme, népotisme et intimidation, où des agents expérimentés seraient marginalisés au profit de proches du DG, notamment issus de son axe d’origine. Certains dénoncent une gestion clanique de la régie, accompagnée de pressions visant à faire taire les voix critiques.

Dans sa correspondance datée du 27 avril 2026, transmise au Président de l’Assemblée provinciale du Kwilu, l’Honorable Yerkis Muzama Muzinga, député provincial, a officiellement sollicité l’interpellation du Directeur Général de la DGREK sur base des articles 165 à 172 du Règlement intérieur. Une initiative parlementaire qui confirme la gravité du dossier.

À Bandundu-Ville, une question domine désormais tous les débats : Egide Wawende Waki peut-il encore conserver son fauteuil après un tel cumul d’accusations ?

À travers cette enquête exclusive, Africa-infos.cd réaffirme son engagement pour la vérité, la transparence et la reddition des comptes. Dans le Kwilu, l’heure des explications semble avoir sonné.

ASM.

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