Le climat politique continue de se tendre en République Démocratique du Congo autour des discussions liées à l’avenir institutionnel du pays.
Tandis que plusieurs organisations multiplient les prises de position sur une éventuelle révision de la constitution, le mouvement politique « Sauvons la RDC », proche de l’ancien président Joseph Kabila, vient à son tour d’entrer dans le débat avec un discours particulièrement critique envers le pouvoir en place.
Dans un communiqué publié ce mercredi 20 mai, ce mouvement a salué la création de la Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel (C64), une plateforme engagée contre toute tentative de modification de la constitution en vue d’un éventuel troisième mandat du Président Félix Tshisekedi.
Le document, signé par Maître Moïse Nyarugabo Muhizi, coordonnateur du secrétariat technique du mouvement, estime toutefois que le combat mené par la C64 ne devrait pas se limiter uniquement à la question constitutionnelle.
Selon le mouvement « Sauvons la RDC », la situation actuelle du pays exigerait une mobilisation beaucoup plus large contre ce qu’il qualifie de « tyrannie, arbitraire et mauvaise gouvernance ».
L’organisation appelle ainsi les Congolais à s’unir afin de mettre fin, selon ses termes, à toute forme de dictature et à toute tentative de prolongation du pouvoir.
La sortie politique intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions autour du débat sur la révision constitutionnelle, devenu l’un des sujets les plus sensibles de la scène politique congolaise ces dernières semaines.
Alors que certains acteurs politiques soutiennent l’idée d’une réforme des institutions au regard des défis sécuritaires et géopolitiques auxquels le pays est confronté, d’autres y voient un danger pour l’alternance démocratique et l’équilibre institutionnel prévu par la constitution actuelle.
À travers cette déclaration, le mouvement proche de Joseph Kabila cherche ainsi à élargir le débat politique en plaçant au centre des discussions les questions liées à la gouvernance, aux libertés publiques et à la gestion du pays.
La prise de position risque de renforcer davantage les tensions politiques déjà perceptibles à l’approche des grands enjeux électoraux et institutionnels de l’après-2028 en République Démocratique du Congo.
Bubasha Djuma Bob

