Une nouvelle tension secoue les rangs des groupes Wazalendo engagés dans les opérations sécuritaires au Sud-Kivu. Le Général autoproclamé James Fieka Aduï a été suspendu de ses fonctions de porte-parole de l’Unité spéciale des Wazalendo pour les opérations au Sud-Kivu, après la diffusion d’un audio controversé mettant en cause la 33e région militaire des FARDC.
La décision est contenue dans un document officiel daté du 25 mai 2026 et signé à Uvira par le Lieutenant-Général autoproclamé Delphin Kalembe Ngomanzito, présenté comme Chef d’état-major général de cette structure armée.
Dans cette correspondance adressée à James Fieka Aduï, les responsables de l’Unité spéciale des Wazalendo reprochent à ce dernier d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux un message audio jugé contraire aux règles internes du mouvement.
« Conformément à l’audio diffusé sur les réseaux sociaux en violation des consignes de notre règlement de l’unité spéciale des Wazalendo pour les opérations au Sud-Kivu, nous vous informons de votre suspension de vos fonctions comme porte-parole de l’unité spéciale des Wazalendo jusqu’à nouvel ordre », indique le document.
Selon plusieurs sources locales, l’audio à l’origine de cette suspension est largement partagée depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, James Fieka Aduï accuse le commandement de la 33e région militaire des FARDC de détournement présumé des fonds destinés aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), communément appelés Wazalendo.
Il affirme également que certains responsables militaires auraient demandé le retrait des combattants Wazalendo des zones de Sange et Luvungi afin de les redéployer vers Runingu, dans la plaine de la Ruzizi.
Toujours dans cet audio devenu viral, le désormais ex porte-parole menace de provoquer des troubles sécuritaires dans la ville d’Uvira si les fonds réclamés ne sont pas remis aux combattants concernés.
Des propos qui ont rapidement provoqué de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique locale. Pour plusieurs observateurs, cette affaire révèle des tensions persistantes entre certains groupes Wazalendo et la hiérarchie militaire engagée dans les opérations conjointes contre les groupes armés dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Des copies de la décision de suspension ont été transmises aux commandants des forces de l’Unité spéciale des Wazalendo au Sud-Kivu, au secrétaire général de cette structure, aux cadres politiques des Wazalendo, aux autres coalitions alliées ainsi qu’aux médias.
Jusqu’à présent, ni la 33e région militaire des FARDC ni James Fieka Aduï n’ont officiellement réagi davantage après cette mesure disciplinaire. Cette situation intervient dans un climat sécuritaire toujours fragile dans les territoires d’Uvira et de Fizi, où les opérations militaires contre les groupes armés restent confrontées à plusieurs défis sur le terrain, notamment des difficultés logistiques, des accusations mutuelles et des tensions internes entre différents acteurs engagés dans la défense de la région.
Bubasha Djuma Bob

