Politique
À Kinshasa, la capitale de la RDC, le Professeur d’université et haut cadre du parti Ensemble de Moise katumbi, Laurent Onyemba alias " Acquitator81C " sur X a lancé une vive charge contre le projet de révision constitutionnelle porté par l’Union Sacrée de la Nation.
Dans une intervention remarquée, il a dénoncé un exercice politique visant à remettre à zéro le compteur des mandats présidentiels plutôt qu’à améliorer le texte fondamental.
D’entrée de jeu, il a prévenu contre les constitutionnalistes proches du pouvoir. « Il n’existe pas de constitutionnaliste désintéressé », a-t-il affirmé, rejetant également l’idée selon laquelle la Constitution de 2006 représenterait le « testament politique » d’Étienne Tshisekedi. « Le testament de Monsieur Tshisekedi, fût-il le père du Président, n’engage pas la communauté congolaise », a-t-il tranché.
Une Constitution jamais appliquée, Laurent Onyemba a opposé quatre arguments principaux au camp présidentiel.
Premièrement, selon lui, la Constitution de 2006 n’a jamais été appliquée à plus de 50 % de ses dispositions. Il a cité les questions de rétrocession et de nationalité : « La majeure partie de ceux qui sont à la Présidence et au Gouvernement sont des étrangers. Si nous devons nous en tenir à l’écriture pure de la Constitution, nous sommes gouvernés par des étrangers.
Pourquoi changer une Constitution qui n’a pas été appliquée ? »
Deuxièmement, il estime que les problèmes du pays ne proviennent pas du texte constitutionnel, mais de la mauvaise gouvernance. Détournements, tribalisme, népotisme : « Est-ce que ça relève de la Constitution ou c’est de la mauvaise gouvernance ? Du dossier des Cent Jours aux lampadaires et aux forages, connaissez-vous une disposition constitutionnelle qui a interdit à quelqu’un d’éviter les détournements ? »
Troisièmement, le véritable objectif du projet de référendum serait politique : permettre au président Tshisekedi de briguer un nouveau mandat en effaçant le décompte actuel. « Ces débats ne sont pas nouveaux en Afrique. On les a connus au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal », a-t-il rappelé, avant de lancer : « Peut-on organiser ce débat en 2029 ? »
Quatrièmement, il a affirmé qu’« il n’existe aucun argument scientifique qui plaide en faveur d’un changement constitutionnel. Le bilan d’une Constitution n’a pas de rapport avec la gouvernance publique. » Critiques contre l’UDPS et questions sur le Rwanda Le cadre d’Ensemble n’a pas épargné le parti présidentiel.
Il a accusé des militants de l’UDPS d’avoir mis en place un système de taxation parallèle à Limete, extorquant les commerçants lors du dédouanement des conteneurs en provenance de Matadi. « À Limete, si tu dois ouvrir ton conteneur, tu dois payer à la Force du Progrès.
C’est l’UDPS », a-t-il déclaré, affirmant qu’Augustin Kabuya avait reçu les concernés. Sur le plan sécuritaire, Laurent Onyemba a interpellé le pouvoir sur ses contradictions concernant le Rwanda et le M23 : « On fait plus de publicité du Rwanda que le Paris Saint-Germain ou Arsenal.
Mais qui a amené Paul Kagame ici ? Qui a logé le M23 ? » Un avertissement direct au président Concluant sur les difficultés quotidiennes des Congolais – il a notamment évoqué l’absence d’eau courante chez lui depuis trois mois –, le professeur a adressé un message personnel à Félix Tshisekedi : « Ces gens qui vous chantent vont vous abandonner. Kabila est resté seul. Monsieur le Président, faites attention aux gens de l’Union Sacrée. Ils discutent avec l’opposition. Ils ne sont pas sincères. »
Cette intervention intervient dans un contexte de débats intenses sur une possible révision de la Constitution, à moins de trois ans de la prochaine élection présidentielle.
Rédaction.

