Au Nord-Kivu, la régulation du transport routier révèle une nouvelle fois la tension entre l’autorité de l’État et les contraintes du terrain. En décidant d’accorder un moratoire de dix jours aux véhicules « Box body », les autorités provinciales envoient un signal clair : la mesure d’interdiction existe, mais son application se heurte à la dépendance économique locale.
Le gouvernorat militaire dirigé par le Général-Major Somo Kakule Evariste avait pourtant acté la fin de la circulation de ces camions hors norme sur les axes Kasindi–Beni–Butembo–Lubero. Une décision motivée par la dégradation avancée des routes en construction et les exigences de sécurisation du trafic.
Mais face aux pressions des transporteurs et des opérateurs économiques, ces engins restant essentiels à l’approvisionnement des villes de la région, les autorités ont dû infléchir leur position.
Une économie sous contrainte logistique
Dans une province enclavée et marquée par l’insécurité, le transport des marchandises repose largement sur ces véhicules adaptés aux réalités du terrain. Leur retrait immédiat aurait risqué de désorganiser les circuits d’approvisionnement, avec des effets directs sur les prix et la disponibilité des biens essentiels.
Le moratoire apparaît ainsi comme un compromis : maintenir le cap réglementaire tout en évitant un choc économique brutal.
L’État face à ses propres limites
Cet épisode illustre une problématique plus large en RDC : la difficulté d’imposer des normes techniques dans des contextes où les alternatives restent limitées. Entre modernisation des infrastructures et survie économique des acteurs locaux, l’État est contraint d’ajuster en permanence ses décisions.
Passé le délai de dix jours, les autorités promettent l’application stricte de la loi. Reste à savoir si cette échéance marquera une réelle rupture ou un nouveau report dicté par les réalités du terrain.
Diddy Mastaki

