Au Nord-Kivu, la publication des frais de participation aux épreuves nationales pour l’édition 2026 suscite une vive inquiétude parmi les parents d’élèves. Dans un contexte marqué par la guerre et l’effondrement de l’économie locale, de nombreuses familles redoutent de ne pas pouvoir inscrire leurs enfants aux examens certificatifs.
Fixés à un total de 135 000 FC par élève finaliste, ces frais couvrent le TENASOSP (35 000 FC), les épreuves hors session (80 000 FC) et la session ordinaire de l’Examen d’État (55 000 FC). Un montant que plusieurs ménages considèrent aujourd’hui hors de portée.
Si le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté présente ces frais comme officiels et applicables à l’ensemble des provinces, leur impact au Nord-Kivu apparaît particulièrement préoccupant. La province fait face à une dégradation continue des conditions de vie, liée notamment aux affrontements armés impliquant la rébellion AFC/M23 et les attaques récurrentes des ADF.
Dans plusieurs zones, les activités économiques sont à l’arrêt, réduisant drastiquement les revenus des ménages. Pour de nombreux parents, assurer la survie quotidienne est déjà un défi, rendant le paiement de ces frais quasi impossible.
« Nous ne parviendrons pas facilement à payer. Nous vivons dans une zone de guerre, sans travail ni revenus stables. Si rien n’est fait, nos enfants risquent d’être exclus des examens », alerte Florentin Mwila, habitant de Beni.
Face à cette situation, certains parents plaident pour des mesures exceptionnelles adaptées au contexte sécuritaire et humanitaire de la province. Ils demandent notamment la suppression ou la réduction significative de ces frais afin d’éviter une vague d’abandons scolaires.
En revanche, le ministère rappelle que l’ENAFEP reste entièrement gratuit, une mesure qui contraste avec les coûts élevés exigés aux niveaux supérieurs du système éducatif.
« La participation à l’ENAFEP demeure gratuite. Nous invitons la communauté éducative à se référer aux informations officielles », précise le communiqué du ministère.
Alors que la date des examens approche, une question demeure : des milliers d’élèves du Nord-Kivu pourront-ils réellement franchir cette étape décisive de leur parcours scolaire, ou seront-ils contraints de renoncer faute de moyens ?
Diddy Mastaki

