Alors que les discussions autour d’un éventuel changement de la Constitution continuent de diviser la classe politique Congolaise, François Rubota estime que le débat devrait avant tout être analysé sous l’angle de la sécurité nationale et de la stabilité de l’État Congolais.
Dans son analyse, François Rubota considère que la priorité actuelle de la République Démocratique du Congo reste la préservation de l’unité nationale face aux conflits armés persistants dans l’Est du pays depuis plusieurs décennies.
« Sauver le pays avant tout »
Pour François Rubota, la question du changement de la Constitution ne devrait pas être limitée aux considérations politiques ou juridiques.
Selon lui, la situation sécuritaire exceptionnelle que traverse la RDC exige une réflexion plus large sur la stabilité des institutions et la continuité du pouvoir.
« Le changement de la Constitution ne constitue aucun problème pour moi. Le fait que Félix Tshisekedi soit là après 2028, c’est un moindre mal », affirme-t-il.
Il estime que l’objectif principal doit être la protection du pays contre les menaces sécuritaires et les tentatives de déstabilisation venant de l’extérieur.
Retour sur les conflits dans l’Est de la RDC
Dans son analyse, François Rubota revient sur les différentes crises armées qui ont secoué l’Est du Congo depuis les années 1990.
Il cite notamment : la guerre des Banyamulenge ; la rébellion de l’AFDL ; le CNDP de Laurent Nkunda et Jules Mutebusi ; les rébellions successives du M23 ; et la reprise des combats sous l’AFC/M23 depuis novembre 2021.
Selon lui, ces différentes rébellions traduisent une stratégie régionale visant à fragiliser l’État Congolais et à maintenir une influence étrangère sur la RDC.
François Rubota accuse le président Rwandais Paul Kagame de vouloir influencer la gouvernance congolaise à travers les conflits armés dans l’Est du pays. À l’en croire, le président Félix Tshisekedi aurait adopté une position plus ferme face aux ambitions du Rwanda dans la région des Grands-Lacs.
« Félix Tshisekedi a osé démasquer le monstre », soutient-il.
Il estime que le chef de l’État congolais dispose aujourd’hui d’une capacité diplomatique et militaire importante pour défendre l’intégrité territoriale du pays. Les hauts plateaux du Sud-Kivu considérés comme une zone stratégique
François Rubota insiste également sur la situation sécuritaire dans les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu.
Selon lui, cette région constitue une zone stratégique couvrant plusieurs territoires comme Fizi, Uvira, Mwenga et Walungu jusqu’au lac Tanganyika.
« Depuis 1996, plusieurs armes ont été acheminées dans les hauts et moyens plateaux. Cette zone constitue une base militaire du Rwanda », affirme-t-il.
Il appelle ainsi les FARDC à renforcer les opérations militaires afin de désarmer les groupes armés et restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du pays.
Pour François Rubota, le maintien de la stabilité institutionnelle en RDC après 2028 pourrait également permettre au pays de faire face aux défis géopolitiques de la région. Il estime que plusieurs dirigeants des pays voisins restent longtemps au pouvoir et que la RDC ne devrait pas fragiliser ses institutions dans un contexte sécuritaire encore instable.
Selon lui, la démocratie Congolaise ne doit pas devenir un facteur pouvant faciliter la gestion déstabilisation sécuritaire du pays au profit d’intérêts extérieurs. Il appelle enfin les acteurs politiques congolais, y compris ceux de l’opposition, à privilégier les intérêts du pays et la stabilité nationale face aux défis sécuritaires qui continuent de menacer la RDC.
Bubasha Djuma Bob

