L’opposant Congolais Martin Fayulu hausse le ton contre la proposition de loi sur le référendum actuellement examinée à l’Assemblée nationale en République Démocratique du Congo. Devant ses partisans mercredi 27 mai 2026, le président de l’ECiDé a appelé à une mobilisation populaire nationale qu’il présente comme une riposte contre une tentative de « coup d’État constitutionnel ».
Cette sortie intervient dans un contexte politique déjà tendu après le boycott de la plénière par les députés du groupe parlementaire Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, opposés eux aussi à cette initiative parlementaire.
Fayulu dénonce un « coup d’État constitutionnel »
Dans une déclaration particulièrement offensive, Martin Fayulu a accusé le président Félix Tshisekedi de vouloir contourner la Constitution à travers cette loi référendaire.
« Vous venez de suivre ce qui vient de se passer au Palais du peuple. Tshilombo vient de faire une rébellion contre le pays parce qu’il agit contre la Constitution. Donc un coup d’État constitutionnel », a déclaré Martin Fayulu devant ses partisans.
Selon l’opposant, le débat autour de cette loi dépasse désormais le simple cadre parlementaire et doit être porté devant la population congolaise.
« Des députés sont sortis et ont dit que cette loi référendaire ne doit pas passer. Alors pourquoi elle ne doit pas passer ? C’est notre affaire, nous le peuple. Ce n’est pas l’affaire des députés ou des sénateurs », a-t-il insisté.
Accusations contre Kigali et appel à la mobilisation
Martin Fayulu a également lié cette initiative politique aux tensions régionales et au conflit sécuritaire dans l’Est du pays, accusant le pouvoir Congolais de compromission avec Kigali.
« Tshisekedi trompe les gens. Il s’est convenu avec Kagame pour la balkanisation de notre pays. Vous savez que l’histoire de la balkanisation du Congo remonte depuis 1960 avec notre héros national Lumumba », a affirmé le leader de l’ECiDé.
L’opposant estime que cette situation nécessite une réaction populaire immédiate afin de bloquer ce qu’il considère comme un projet de division du pays.
« C’est pourquoi nous devons bloquer ce projet. Pour cela, il faut des actions sur le terrain », a-t-il ajouté.
Une journée « ville morte » annoncée le 03 juin
Dans son adresse, Martin Fayulu a annoncé le lancement d’une série d’actions populaires à travers le pays, à commencer par une journée « ville morte » prévue le 03 juin prochain.
« On fera la première action le 03 juin. Tout le monde doit rester à la maison. Il y aura donc ville morte », a déclaré l’opposant.
Il a également annoncé d’autres mobilisations à venir dans les prochains jours.
« Après ça, on vous donnera un chronogramme de toutes les autres actions qui vont suivre », a-t-il conclu.
L’examen de cette proposition de loi ravive ainsi les tensions autour de la question constitutionnelle en RDC, un sujet particulièrement sensible dans l’histoire politique Congolaise.
Alors que les partisans du pouvoir rejettent les accusations de révision constitutionnelle déguisée, une partie de l’opposition redoute que cette initiative ouvre la voie à des modifications plus profondes des institutions.
Cette nouvelle confrontation politique intervient également dans un contexte sécuritaire fragile marqué par la guerre dans l’est du pays et une forte polarisation de la scène politique nationale.
Diddy Mastaki

