Alors que les discussions autour d’une éventuelle révision ou modification de la constitution continuent d’alimenter le débat public en République Démocratique du Congo, certaines voix s’élèvent pour appeler à davantage de responsabilité et de rigueur dans les échanges.
C’est notamment le cas de Serge Bally, qui estime que les controverses actuelles s’éloignent progressivement des véritables enjeux institutionnels pour se concentrer sur des attaques dirigées contre le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara.
Dans une tribune publiée récemment, Serge Bally considère que le débat constitutionnel est un sujet d’intérêt national qui mérite une analyse approfondie et objective.
Selon lui, il est inapproprié de faire porter à une seule personnalité politique la responsabilité d’un processus qui implique plusieurs institutions et acteurs de la vie publique. Il juge que cette focalisation excessive sur Aimé Boji Sangara détourne l’attention des questions essentielles liées à l’avenir institutionnel du pays.
L’auteur estime que cette tendance traduit une volonté de simplifier à l’extrême un débat complexe. À ses yeux, présenter une éventuelle réforme constitutionnelle comme l’initiative exclusive d’un individu revient à ignorer le fonctionnement normal des institutions démocratiques. Il rappelle que toute modification de la constitution relève d’un processus légal impliquant plusieurs niveaux de décision et non la seule volonté d’une personne.
Serge Bally affirme également que le contexte actuel, marqué par les défis sécuritaires dans l’Est du pays et les difficultés sociales auxquelles font face de nombreux Congolais, favorise parfois la recherche de responsables désignés.
Selon lui, Aimé Boji Sangara serait devenu la cible de critiques qui dépassent largement son rôle institutionnel et qui servent parfois à canaliser des frustrations diverses au sein de l’opinion publique. L’auteur déplore par ailleurs la multiplication d’accusations qu’il juge non fondées à l’encontre du président de l’Assemblée nationale.
Il cite notamment des allégations de corruption, de trahison ou encore de participation à des projets de balkanisation du pays. Pour Serge Bally, ces accusations relèvent davantage du procès d’intention que d’un débat politique fondé sur des faits vérifiables.
Revenant sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, il reconnaît la gravité de la crise qui touche les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Toutefois, il estime que l’utilisation de cette tragédie comme argument pour discréditer une personnalité politique sans preuve directe constitue une démarche qui risque d’affaiblir la qualité du débat démocratique et de détourner l’attention des véritables priorités nationales.
À travers cette réflexion, Serge Bally plaide pour un débat public davantage centré sur les principes, les politiques publiques et les choix institutionnels. Il invite les acteurs politiques, les médias et les citoyens à privilégier les faits, les arguments et l’analyse plutôt que les attaques personnelles et les accusations sans fondement.
Selon lui, la question essentielle n’est pas celle d’une personnalité en particulier, mais celle de l’avenir du pays et du modèle de gouvernance que les Congolais souhaitent construire pour les générations futures.
Bubasha Djuma Bob

