Le Dr Hervé Mutinzumu Nansua a lancé une alerte sur les risques sanitaires liés à la consommation abusive, notamment chez les jeunes, d’une préparation communément appelée « Mpuku amemi congélateur », dans une lettre ouverte adressée aux autorités congolaises, dont une copie est parvenue à la rédaction d’Africa-infos.cd ce jeudi 10 septembre 2026.
Dans cette correspondance datée du 9 septembre 2026, le médecin appelle notamment la Première ministre, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale ainsi que les autorités sanitaires à diligenter des investigations afin de déterminer avec précision la composition et les effets de cette préparation. Selon les informations rapportées dans la lettre, celle-ci serait constituée d’un mélange de diazépam, tramadol, cyproheptadine, prométhazine et d’un autre produit dont la composition reste à vérifier par des analyses pharmaceutiques et toxicologiques.
Le Dr Mutinzumu Nansua souligne que l’association abusive de ces médicaments, particulièrement du tramadol et du diazépam, peut présenter des risques importants pour la santé. Il relève notamment des risques de somnolence, diminution de la vigilance, troubles de la mémoire et de la coordination, dépendance, troubles de la conscience et, dans les intoxications sévères, de graves complications pouvant engager le pronostic vital. Il estime ainsi que la circulation d’une préparation présentée comme une drogue et composée de plusieurs médicaments doit être considérée comme un signal d’alerte de santé publique.
Une inquiétude particulière pour la jeunesse
Au-delà des intoxications aiguës, le médecin met en garde contre les conséquences d’un usage répété et abusif de ces produits chez les jeunes. Il évoque notamment une possible diminution des capacités de concentration et d’apprentissage, des troubles de la mémoire et de la vigilance, une altération du jugement, des troubles du comportement, ainsi que des phénomènes de dépendance et des difficultés de sevrage.
Face à cette situation, le Dr Hervé Mutinzumu Nansua préconise notamment une enquête sanitaire et épidémiologique, une analyse toxicologique et pharmaceutique des produits concernés, le renforcement de la surveillance du détournement des médicaments à des fins récréatives et une sensibilisation ciblée des jeunes dans les écoles, universités et communautés. Il appelle également à informer les parents et éducateurs sur les signes d’alerte d’une intoxication ou d’une dépendance.
Le médecin plaide, en outre, pour le renforcement des capacités des structures sanitaires dans la prise en charge des intoxications médicamenteuses et des troubles liés à l’usage de substances, ainsi que pour une collaboration accrue entre autorités sanitaires, réglementation pharmaceutique, professionnels de santé, établissements d’enseignement et communautés.
« Notre jeunesse ne doit pas devenir le laboratoire d’une nouvelle forme de toxicomanie », alerte le Dr Mutinzumu Nansua, qui insiste sur la nécessité d’agir dans une logique de prévention et de vigilance, avant que le phénomène ne prenne davantage d’ampleur.
Il sied de rappeler que cette alerte intervient dans un contexte où la sensibilisation des jeunes et le contrôle de l’usage détourné des médicaments constituent des enjeux importants de santé publique. Le médecin recommande ainsi de déterminer scientifiquement le contenu exact de cette préparation, les quantités utilisées, ses modes de préparation et de consommation, les populations exposées ainsi que les éventuelles complications déjà observées, afin de permettre aux autorités compétentes de prendre les mesures appropriées.
ASM.

