Lors d’une interview accordée récemment à Africa-infos.cd, Maître Victor Elonga, secrétaire général du Conseil national des défenseurs judiciaires, a vivement critiqué les traitements réservés aux membres de son corps professionnel durant les États généraux de la justice, organisés par le ministre d’État, Maître Constant Mutamba, sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi. Ces assises, destinées à trouver des solutions aux maux qui gangrènent la justice congolaise, ont été entachées par une proposition visant à supprimer le corps des défenseurs judiciaires.
« L’objectif des États généraux était de diagnostiquer les problèmes de notre justice pour trouver des remèdes, pas pour créer de nouvelles maladies », a déploré Maître Elonga, estimant que cette proposition relevait d’une initiative malintentionnée, contraire à la mission même de ces assises.
Maître Elonga a également dénoncé l’absence des représentants des défenseurs judiciaires dans la commission chargée d’examiner cette proposition.
« C’est inadmissible qu’un organe clé comme le nôtre soit exclu d’un débat qui touche directement à notre existence. Pourtant, nous étions présents dans les travaux des États généraux. La mission des défenseurs judiciaires est noble : nous sommes des auxiliaires de justice au même titre que les avocats, avec des compétences territoriales spécifiques. Nous plaidons dans les tribunaux de grande instance, rédigeons et défendons les intérêts des justiciables partout où un tribunal de grande instance est implanté. Notre rôle est vital pour une justice équitable », a-t-il souligné.
Maître Elonga a tenu à rappeler que seule une décision du chef de l’État, conforme à l’article 125 alinéa 2 de l’ordonnance du 28 septembre 1979, pourrait envisager une suppression du corps des défenseurs judiciaires.
« Je rends hommage au président Félix Tshisekedi pour son combat acharné contre les dysfonctionnements de notre justice. Toute tentative de suppression sans suivre les procédures légales serait non seulement illégitime, mais également discriminatoire. Les lois qui régissent notre profession sont toujours en vigueur. Faire pression sur nous par des menaces et des intimidations ne tiendra pas. Nous continuerons de défendre notre mission et notre place dans le système judiciaire », a-t-il affirmé avec détermination.
Notons que le défenseur judiciaire peut intervenir, dans le cadre du procès pénal, pour rééquilibrer les débats qui sont consubstantiellement asymétriques entre le Ministère public et la personne poursuivie.

