Kinshasa, le climat politique congolais s’enflamme à nouveau. Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre et ancien ministre de la Défense, a intensifié ses accusations contre l’ancien président Joseph Kabila. Lors d’un meeting à Kikwit, il l’a directement pointé du doigt comme le principal instigateur des violences armées en RDC. Selon lui, Kabila financerait les milices Mobondo, le M23 et l’AFC, et aurait même tenté de provoquer des affrontements à Kinshasa. « Celui qui est derrière le M23 et l’AFC, celui qui les finance, c’est Kabila. J’attends celui qui oserait en douter », a-t-il déclaré devant une foule acquise à sa cause. Bemba promet également de révéler les raisons du départ précipité de Kabila du pays, insinuant une fuite liée à des preuves accablantes.
Ces déclarations incendiaires ne sont pas passées inaperçues. Francine Muyumba, cadre du PPRD, parti de Kabila, a vivement réagi, dénonçant une manipulation politique dangereuse : « Vous avez suffisamment divisé les Congolais par vos discours haineux. Le Congo a besoin de paix ! » Cette escalade verbale ravive des tensions profondes entre les partisans de l’ancien et de l’actuel régime, alors que la RDC fait face à de multiples crises, notamment dans l’Est du pays, en proie aux violences des groupes armés.
Dans ce contexte troublé, l’opposant Seth Kikuni, récemment libéré de prison, a également pris la parole pour critiquer le pouvoir en place. Il accuse Félix Tshisekedi d’avoir « détruit l’unité nationale et le vivre ensemble » par une gouvernance autoritaire et arbitraire. Selon lui, l’actuel président est devenu « un danger pour la RDC » et devrait « faire preuve de patriotisme en démissionnant ». Ses propos, relayés par Jeune Afrique, reflètent une montée de l’exaspération au sein de l’opposition et d’une partie de la société civile.
Alors que le pays traverse une période critique, ces affrontements politiques pourraient fragiliser davantage la stabilité nationale. L’heure est à la décrispation, mais l’embrasement semble inévitable si les acteurs politiques persistent dans cette escalade de tensions.

