RDC : Insécurité, corruption et exploitation minière, un cercle vicieux qui étouffe le pays (Rapport de Ronny Jackson)

Lors d’une audition devant la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique, le parlementaire Ronny Jackson a dressé un tableau inquiétant de la situation en République démocratique du Congo (RDC). Après s’être rendu à Kinshasa et Kigali, il estime que le gouvernement Congolais n’a pas les moyens de contrôler la Est du pays, où l’insécurité est alimentée par des groupes armés comme le M23 et par l’exploitation illégale des ressources minières.

« Le gouvernement de Kinshasa n’a aucun moyen de contrôler cette région pour le moment. Il n’a ni les ressources ni la capacité d’influencer réellement ce qui s’y passe», a-t-il déclaré, soulignant le rôle des pays voisins dans le commerce des minerais issus de cette zone en conflit.

Une économie paralysée par la corruption

Au-delà du volet sécuritaire, le rapport met en lumière l’impact de la corruption sur l’économie Congolaise. Selon Jackson, les entreprises étrangères sont confrontées à des pratiques fiscales arbitraires et à un environnement juridique incertain.

« Lors de ma visite, j’ai été choqué par le niveau de corruption. J’ai parlé à une entreprise Suisse qui m’a confié avoir reçu une facture d’impôt de 80 milliards de dollars, alors que sa valeur est d’environ 18 milliards. Après contestation, elle a obtenu une réduction à un milliard de dollars, ce qui reste des centaines de fois plus élevé que ses bénéfices annuels », a-t-il révélé.

Ce climat, selon lui, décourage les investisseurs et favorise des acteurs prêts à user de pratiques illicites, notamment les entreprises Chinoises qui dominent le secteur minier.

Un système à bout de souffle

Le rapport souligne que l’instabilité en RDC est alimentée par un « système kleptocratique » qui profite à une élite politico-économique. Sasha Lezhnev, expert des ressources naturelles en Afrique, a insisté sur l’importance de lutter contre ce fléau : « Le principal obstacle à l’élimination de l’exploitation minière est le système de capture de l’État, qui permet aux dirigeants et à leurs partenaires commerciaux de tirer des profits personnels, laissant la population souffrir de problèmes de sécurité, d’éducation et de santé. Ce système perdurera si la corruption n’est pas sanctionnée ».

Selon lui, une action internationale concertée est nécessaire pour sanctionner les réseaux de corruption et encadrer l’exploitation des ressources naturelles. Mais en l’absence de réformes profondes, la RDC risque de s’enfoncer davantage dans l’instabilité, compromettant son développement et sa souveraineté économique.

Rédaction

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