Depuis les premières heures de la matinée du jeudi 10 avril 2025, la tension est montée d’un cran dans le territoire de Kalehe. Des violents affrontements opposent les forces rebelles du M23 et leurs alliés aux groupes armés dits « Wazalendo », sur plusieurs axes stratégiques de la région.
Sur l’axe Lemera-Bugamanda, les M23 ont lancé une offensive majeure visant les positions de l’APDC/RAD, groupe Wazalendo sous le commandement du général auto-proclamé Bahigi Maguru. Ce dernier tient toujours plusieurs localités importantes : Bushaku 1, Bushaku 2, Nyabaronga, Myamugari, Mwamiijwi et Chizi, situées dans les groupements de Mubuku et Mbinga Sud, au sein de la chefferie de Buhavu.
Simultanément, sur l’axe Biishaka-Lumbishi, d’autres factions Wazalendo comme COPACO, dirigée par Kirikicho Mirimba, et MCDPIN, de Haguma Mike Mike, affirment leur présence dans des localités reprises récemment, notamment Igali, Shanje, Chambombo, Kafufula et Katale. Ces villages, implantés dans les groupements de Ziralo et Buzi, sont toujours sous haute tension, avec le M23 en embuscade.
Le parc de Kahuzi-Biega, nouveau champ de bataille
Autre fait préoccupant, des affrontements ont été signalés ce même jeudi aux abords du Parc National des Kahuzi-Biega, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les combats autour de Chivanga inquiètent, non seulement pour la sécurité des civils, mais aussi pour la conservation d’un des sanctuaires naturels les plus précieux du Congo.
Pendant ce temps, les rebelles du M23 conservent leur mainmise sur le littoral du lac Kivu. Les localités de Minova, Kalungu, Mukwidja, Nyabibwe, Bushushu, Nyamukubi, Kalehe-Centre, Kasheke et Chofi restent sous leur contrôle. Dans les hauts plateaux, notamment à Numbi, cité minière stratégique, le M23 continue d’étendre son influence.
Si les Wazalendo tiennent encore plusieurs zones, la question demeure : pourront-ils résister durablement à la pression exercée par le M23 et ses alliés ? La situation reste volatile. L’issue de cette guerre de position pourrait redessiner le contrôle territorial du territoire de Kalehe dans les jours à venir.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Cette nouvelle flambée de violence vient aggraver une situation humanitaire déjà critique. Des milliers de familles continuent de fuir les combats, les infrastructures sociales sont sous pression, et les besoins en aide humanitaire deviennent urgents.
Les appels à un cessez-le-feu et à des négociations se multiplient, mais sur le terrain, ce sont les armes qui parlent encore.
Diddy MASTAKI

