L’ambiance était lourde et le ton ferme ce jour-là à l’Assemblée nationale. Vital Kamerhe, Président de la chambre basse du Parlement Congolais, a exprimé tout haut ce que plusieurs élus murmurent depuis des mois : le ras-le-bol face à la précarité des conditions de travail des députés.
« Nous sommes fatigués de continuer à nous débrouiller avec le peu de moyens qui nous reviennent à nous comme individus pour acheter du papier pour l’Assemblée nationale », a-t-il lancé, visiblement exaspéré. « Nous sommes fatigués. Ça risque d’être une habitude ».
Dans son intervention, Vital Kamerhe a dénoncé ce qu’il qualifie « d’abandon progressif des institutions », plaidant pour que l’Assemblée nationale soit traitée avec toute la considération qu’elle mérite.
« Chaque institution doit avoir des frais de fonctionnement. L’Assemblée Nationale ne doit pas être considérée comme une petite institution. Il faut que nous fonctionnions dans de bonnes conditions », a-t-il insisté.
Cette déclaration remet au centre du débat la question de l’allocation budgétaire aux institutions de la République. Si le Parlement, cœur de la démocratie Congolaise, en est réduit à quémander du papier, que dire des autres structures publiques ?
Par ce cri du cœur, Kamerhe espère visiblement provoquer une réaction au sommet de l’État. Reste à savoir si cet appel trouvera un écho favorable dans un contexte où la gestion des ressources de l’État reste un sujet sensible.
Diddy MASTAKI

