Depuis le 11 mai, la ville et le territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu (Est de la RDC), font face à une inquiétante recrudescence de violences armées. En moins de deux semaines, treize (13) personnes ont été tuées par balles dans des circonstances aussi troublantes que similaires.
Selon la Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICO-RDC), ces assassinats ciblés sont perpétrés par des hommes armés non identifiés, actifs dans plusieurs quartiers urbains et villages périphériques. La seule ville d’Uvira enregistre six (06) morts depuis le 11 mai, tandis que sept (07) autres cas ont été signalés dans le territoire.
Le dernier drame s’est produit dans la soirée du lundi 19 mai, au quartier Kabindula, dans la commune de Kalundu. Deux personnes y ont été abattues à bout portant, et une troisième grièvement blessée. Ce nouvel acte de violence s’ajoute à une série de meurtres qui, jour après jour, plongent la population dans l’angoisse.
Parmi les autres victimes figurent un jeune homme tué le 11 mai, un avocat abattu le 15, un opérateur économique visé par une grenade le 16 mai attaque ayant également coûté la vie à une femme atteinte par les éclats le lendemain et, toujours le 17 mai, une femme d’une soixantaine d’années assassinée à son domicile à Kiliba Butaho.
Pour Kelvin Bwija, coordonnateur national de SOCICO-RDC, cette escalade de violences résulte de la prolifération incontrôlée des armes dans la région. Il dénonce des actes « ignobles » qui aggravent la crise sécuritaire dans un territoire déjà fragilisé, et appelle les autorités compétentes à mettre en œuvre des stratégies efficaces pour désarmer les milices et restaurer l’autorité de l’État.
La situation reste d’autant plus préoccupante que des affrontements armés récurrents sont signalés dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira, Fizi et Mwenga. Par ailleurs, la présence présumée d’éléments du groupe armé AFC/M23 à Katogota, à l’entrée du territoire d’Uvira, ne fait qu’alimenter la tension.
Dans ce climat d’instabilité chronique, les habitants d’Uvira vivent dans la peur et l’incertitude. La protection des civils, le démantèlement des réseaux armés et la sécurisation durable de la région doivent plus que jamais figurer au cœur des priorités.

