RDC–Eugénie Tshiela : « Combattre Félix Tshisekedi, c’est combattre Dieu »

Devant une assemblée de femmes de l’UDPS réunies dans le Kasaï, la vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, a tenu des propos aussi spirituels que politiques, affirmant que le pouvoir du président Félix Tshisekedi ne prendra fin que « le jour où Dieu dira son dernier mot », balayant d’un revers de main toute velléité de changement immédiat à la tête de l’État.

S’exprimant en Tshiluba, l’une des quatre langues nationales de la République Démocratique du Congo, Mme Tshiela a, dans un extrait visuel lancé un message fort à l’attention de ceux qu’elle considère comme opposants ou détracteurs du président : « Tout celui qui combat Félix Tshisekedi combat Dieu. »

Une déclaration aux allures de serment sacré

Ces propos, tenus dans un contexte politique marqué par les débats sur la légitimité, la gouvernance et la sécurité du pays, traduisent une posture de fidélité absolue au président Tshisekedi, perçu ici non seulement comme un chef d’État, mais comme un homme providentiel dont le destin serait lié à la volonté divine.

Pour certains analystes, cette prise de parole n’est pas anodine : elle s’inscrit dans une stratégie de mobilisation identitaire et religieuse, en vue de raffermir les bases populaires du régime, notamment dans l’espace Kasaïen, berceau politique du président.

Une rhétorique clivante ?

Si les militants présents ont applaudi avec ferveur, ces déclarations n’ont pas manqué de susciter des réactions critiques sur les réseaux sociaux, certains y voyant une instrumentalisation de la foi à des fins politiques, et une tentative de sacraliser le pouvoir au détriment des principes républicains.

Des voix s’élèvent déjà pour appeler à la prudence dans l’usage de références religieuses dans le débat public, alors que le pays se prépare à plusieurs échéances politiques sensibles.

Une UDPS soudée autour de son leader

La rencontre avec les femmes de l’UDPS-Kasaï avait pour but de renforcer la cohésion du parti, alors que les tensions internes et les critiques de l’opposition montent. Le message d’Eugénie Tshiela réaffirme une ligne claire : le chef n’est pas contestable tant que Dieu ne l’a pas décidé.

Diddy MASTAKI

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