Kinshasa, le 30 mai 2025 – L’atmosphère était lourde ce vendredi matin au Palais du Peuple, à l’occasion de l’ouverture de la séance plénière. La décision soudaine du protocole parlementaire, interdisant l’accès des journalistes et des assistants parlementaires aux compartiments réservés aux députés, a provoqué une levée de boucliers au sein de la presse.
C’est M. Freddy, chargé du protocole, qui a publiquement annoncé, depuis le podium, que cette mesure entrait en vigueur immédiatement, en raison de la « disparition de certains effets personnels des honorables députés ». Aucune précision n’a été donnée sur la nature exacte des objets disparus, ni sur les circonstances entourant ces pertes.
Face à cette généralisation jugée abusive, la presse parlementaire a tenu à faire entendre sa voix. Selon elle, cette décision laisse entendre, sans le dire ouvertement, que les journalistes seraient à l’origine de ces disparitions.
« Nous rejetons avec la dernière énergie cette suspicion injuste portée sur les professionnels des médias. Jusqu’à preuve du contraire, aucun journaliste n’a jamais été pris en flagrant délit de vol dans l’enceinte du Palais », a déclaré Justin Kifuta, représentant des journalistes accrédités au parlement.
Un précédent bien documenté impliquant un agent de sécurité
Les journalistes rappellent que les rares cas de vol avérés au sein du Parlement ont concerné non pas des membres de la presse, mais des agents de la sécurité civile. Lors de la législature précédente, un agent affecté au bureau du président Christophe Mboso Nkodia Pwanga avait été pris en flagrant délit de vol au shop Vodacom situé au balcon du Palais. Il s’était emparé du téléphone portable du député national Célestin Engelemba Bokuwe, élu de Monkoto (Tshuapa), sur la liste de l’UDPS/Tshisekedi.
« Grâce aux images de vidéosurveillance et à l’intervention du journaliste Augustin Darama Zanga, mandaté par l’élu pour récupérer son appareil, le téléphone a été restitué et les preuves formelles du vol sont encore disponibles », a rappelé un membre du collectif des journalistes parlementaires.
Des pièces justificatives, dont une décharge signée par les services de sécurité, attestent de cet incident, aujourd’hui utilisé comme contre-argument aux accusations implicites actuelles.
Appel à la responsabilité et au respect des rôles institutionnels
Pour la presse, il est inacceptable que des professionnels accrédités, œuvrant au service de la transparence parlementaire, soient traités avec suspicion.
« Les journalistes ne sont ni des intrus ni des délinquants. Nous avons un rôle constitutionnel d’information et de veille citoyenne. Nous demandons le respect dû à notre profession », a martelé Justin Kifuta.
La presse appelle à une clarification officielle de la part du Bureau de l’Assemblée nationale. Elle exige également que les responsabilités soient établies sur la base de faits et non de suppositions.
Dans un État de droit, la vérité et la justice doivent primer sur les amalgames. À l’heure où la confiance entre institutions et citoyens est essentielle, toute tentative de discréditer une profession essentielle à la démocratie doit être fermement rejetée.

