Le Vice-Président de la RENEMICO (Regroupement National des Négociants Miniers du Congo), M. Roméo Kipulu Nyolenge, s’est exprimé lors d’un échange avec une délégation de journalistes venus de Kinshasa, conduite par M. Anaclet Swembani. L’entretien, tenu dans la ville de Kolwezi, a porté sur la problématique des taxes imposées aux négociants et exploitants artisanaux dans le secteur minier, notamment dans la province du Lualaba.
« Les négociants souffrent », a déclaré M. Kipulu d’un ton ferme.
Il a évoqué des taxes jugées excessives, comme celle imposée par la mairie initialement fixée à 300 dollars par camion, avant d’être ramenée à 130 dollars après des négociations.
« On parle ici d’une taxe dite » d’étalage « , mais en réalité, il s’agit de tracasseries qui se multiplient et asphyxient les opérateurs économiques », a-t-il dénoncé.
La RENEMICO, une coopérative de soutien aux négociants artisanaux à l’échelle nationale et provinciale, entend défendre les intérêts de ses membres face à ce qu’elle qualifie de « pression fiscale arbitraire ». M. Kipulu a insisté sur le rôle syndical de son organisation, qui privilégie la voie du dialogue et de la documentation officielle : « Plutôt que de descendre dans la rue, nous préparons un mémo à adresser au maire pour que les négociants puissent enfin exercer leur métier dans le respect de leurs droits ».
Absence de concertation avec les autorités provinciales
Dans un ton plus critique, le Vice-Président de la RENEMICO a regretté le silence du ministère provincial des Mines, pourtant partenaire stratégique dans la gouvernance du secteur.
« Aujourd’hui, nous ne sommes jamais consultés, ni par le ministère des Mines, ni par les autres structures comme la CMAP ou le CCEC. Pourtant, nous sommes des partenaires directs sur le terrain », ajoute-t-il.
Il a également lancé un appel au gouvernement provincial pour plus d’implication et de concertation avec les acteurs du secteur artisanal, qui représentent une large frange de l’économie locale.
Contrats miniers : stop à la sous-traitance étrangère
Enfin, M. Kipulu a vivement interpellé l’État Congolais sur la question de la sous-traitance imposée par certaines entreprises chinoises dans le secteur.
« Les négociants Congolais doivent pouvoir signer leurs contrats librement, sans être relégués au rang de sous-traitants dans leur propre pays », a-t-il martelé.
Dans cette optique, il s’est réjoui du partenariat avec l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), qui vise à démanteler les réseaux mafieux et rétablir une justice contractuelle pour les opérateurs congolais.
M. Kipulu a conclu en affirmant que la RENEMICO poursuivra ses actions de plaidoyer en faveur d’un assainissement du secteur artisanal et d’une meilleure reconnaissance des négociants locaux dans la chaîne de valeur minière en République Démocratique du Congo.

