Dernier jour du dialogue intercommunautaire à Aru, ce vendredi 27 juin 2025, la tension était vive dans la salle des délibérations. La cause de cette crispation : une attaque meurtrière menée par la milice CODECO au site de Djangi, dans le territoire de Djugu. Cette attaque a endeuillé la province en pleine concertation de paix, faisant dix morts, parmi lesquels huit élèves et une enseignante.
« C’est sous cette émotion que nous avons enterré dix personnes tuées sauvagement par la CODECO, dont huit élèves et une enseignante. Même une finaliste qui avait déjà passé la hors-session figure parmi les victimes. Trois autres finalistes sont gravement blessées et suivent des soins intensifs à Bunia », a déclaré le député national Robert Angupi, élu du territoire d’Aru, visiblement bouleversé.
Signature d’un acte de paix à portée limitée
Alors même que le sang coulait à Djugu, quatre des six groupes armés présents au dialogue ont signé un acte d’engagement pour la paix : CODECO, FRPI, FPIC et TUNA. En revanche, les groupes Zaïre et MAPI ont refusé de signer, alimentant les doutes sur l’efficacité et la sincérité du processus en cours.
Pour le député Angupi, ces événements sont une démonstration accablante du décalage entre les engagements politiques et la réalité du terrain.
« Il est difficile de croire à une paix sincère quand ceux qui signent versent du sang le même jour. Quelle valeur donner à une signature pendant que des élèves sont exécutés à Djugu ? », s’est-il interrogé, dénonçant un échec sécuritaire majeur.
Retour succinct sur la 3ᵉ journée du dialogue ARU2
Le 25 juin, lors de la troisième journée des travaux :
Une cartographie des zones sous contrôle armé dans les territoires de Djugu, Mahagi et Irumu a mis en lumière la persistance de l’occupation par des milices ;
Un débat direct avec les groupes armés (CODECO, Autodéfense, MAPI) a été tenu autour de leurs motivations, leurs violences contre les civils, et leurs attentes du gouvernement ;
Les acteurs communautaires et institutionnels, dont la société civile, les chefs coutumiers et les élus, ont proposé des pistes concrètes pour le retour de la paix.
Il sied de rappeler que ce massacre est survenu le même jour que la signature à Washington, le 27 juin, de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda sous la médiation des États-Unis. Un accord censé marquer un tournant, mais qui reste à concrétiser, pendant que sur le sol congolais, les civils continuent de payer le prix fort.

