Ce qui devait être une journée de mobilisation citoyenne s’est transformé en un véritable cauchemar au Kenya. Marquée par des heurts violents entre manifestants et forces de l’ordre, la date symbolique du 7 juillet, surnommée le « 7/7 », a été endeuillée par la mort d’au moins dix personnes et des dizaines de blessés à travers le pays, principalement à Nairobi, placée sous un véritable état de siège.
Des milliers de citoyens, jeunes pour la plupart, ont répondu à l’appel lancé sur les réseaux sociaux pour protester contre la corruption endémique, la brutalité policière et l’alourdissement de la pression fiscale. Les manifestants exigent un changement radical dans la gestion des affaires publiques.
« Nous en avons assez d’être étouffés par des taxes alors que nos dirigeants détournent les fonds publics. Le système est pourri jusqu’à la moelle ! », a lancé un manifestant dans le centre de Nairobi, avant que la police n’intervienne brutalement pour disperser la foule.
Les affrontements ont rapidement dégénéré : tirs à balles réelles, gaz lacrymogènes, arrestations massives. Des vidéos diffusées en direct montrent des manifestants blessés, des jeunes battus à terre, des policiers armés encerclant les quartiers chauds de la capitale. Des scènes qui rappellent tristement les périodes sombres de la répression post-électorale.
Le gouvernement, pour sa part, parle de « fauteurs de troubles » et justifie l’usage de la force par des « actes de vandalisme et de menace à l’ordre public ». Mais les organisations de défense des droits humains dénoncent une réponse disproportionnée et appellent à une enquête indépendante sur les violences enregistrées.
« Il est inconcevable que des citoyens soient tués pour avoir exprimé leur opinion. Le Kenya risque de sombrer dans une spirale d’instabilité si les autorités n’écoutent pas la voix du peuple », a déclaré un représentant d’Amnesty International à Nairobi.
Ce 7 juillet 2025 restera sans doute gravé dans la mémoire collective comme un tournant. Symbole d’un ras-le-bol généralisé, il pourrait bien inaugurer une nouvelle vague de contestation au Kenya, où la jeunesse, connectée et engagée, ne semble plus disposée à rester silencieuse.
Diddy MASTAKI

