Nord-Kivu : insécurité généralisée et violations massives des droits humains sous occupation armée

La situation sécuritaire et humanitaire continue de se détériorer dramatiquement dans le Nord-Kivu, où plus de 1 000 violations graves des droits humains ont été enregistrées entre les 03 et 25 juillet 2025, selon le bulletin Hebdo Goma+ n°04, publié par les Conseils communaux de la jeunesse de Goma, Karisimbi, CTJ-Rutshuru et partenaires.

Cette compilation de données issues de plusieurs territoires Goma, Rutshuru, Karisimbi et zones périphériques dresse un tableau effroyable d’une population livrée à la terreur, aux exactions et à la précarité imposées par des groupes armés, en particulier le M23, appuyé par des forces étrangères.

Une hécatombe silencieuse

Dans cette courte période de trois semaines, 305 personnes ont été abattues, 364 kidnappées, 178 femmes et filles victimes de violences sexuelles, 98 boutiques ou maisons pillées, 27 habitations incendiées, 47 personnes blessées, et 26 corps sans vie retrouvés. Des chiffres glaçants qui traduisent l’intensité et la régularité des actes de barbarie.

Le territoire de Rutshuru reste le plus affecté avec 281 personnes tuées, 59 kidnappées, 94 victimes de violences sexuelles, 17 maisons incendiées et 20 blessés. À Karisimbi, les chiffres révèlent 7 morts, 16 cas de VSBG, 6 maisons brûlées et 10 blessés. Dans les zones périphériques, la terreur est également bien installée : 13 tués, 300 enlèvements, 58 cas de violences sexuelles, et 22 blessés. Même la ville de Goma, plus urbaine, n’échappe pas à cette spirale, avec 3 homicides, 4 enlèvements et 10 cas de VSBG recensés.

Le poids de l’occupation économique

Au-delà des violences physiques, la pression économique exercée par les rebelles du M23 sur les populations civiles est également dénoncée. À Goma, les commerçants du marché central de Virunga ont organisé un mouvement de protestation face aux taxes illégales imposées par l’administration rebelle sur les marchandises. Ces prélèvements abusifs étranglent le commerce local et aggravent la pauvreté.

Dans le secteur éducatif, l’imposition de frais de bulletin de 1 000 FC par élève dans les établissements scolaires, publics comme privés, par les forces occupantes, soulève de vives inquiétudes. Cette mesure fragilise encore davantage l’accès à l’éducation dans une région déjà affectée par les conflits.

Un massacre de plus à Rutshuru

Parmi les épisodes les plus tragiques de cette période figure le massacre survenu entre le 11 et le 14 juillet à Kiseguru et Katwiguru (territoire de Rutshuru), où au moins 97 civils auraient été exécutés sommairement par les forces M23-RDF-AFC, sous le commandement présumé du Colonel Imani Claude. Parmi les victimes, six femmes ont été formellement identifiées. Ces actes s’ajoutent aux nombreuses atrocités documentées à Binza, Bwisha et Kisigari, confirmant un schéma d’attaques systématiques contre les civils.

Un cri d’alarme de la jeunesse locale

Par cette publication, les conseils communaux de la jeunesse lancent un appel pressant aux autorités nationales et à la communauté internationale pour qu’elles prennent des mesures concrètes et urgentes afin de mettre fin à l’occupation illégale, restaurer la sécurité, protéger les civils et garantir le respect des droits fondamentaux dans le Nord-Kivu.

Diddy MASTAKI

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