La province de l’Ituri fait face à une crise humanitaire majeure, marquée par des déplacements internes d’une ampleur sans précédent. Selon les données de OCHA, le nombre de personnes déplacées dans la province est estimé à plus de 920 000. La flambée de violences a forcé des dizaines de milliers de personnes à abandonner leurs foyers dans la précipitation.
Rien qu’au premier trimestre 2026, on dénombre plus de 100 000 nouveaux déplacés en Ituri. Beaucoup se sont réfugiés dans des régions où, comme à Plaine de Savo (Fataki), l’accès aux soins de santé demeure dramatiquement insuffisant. Les conditions d’hygiène y sont catastrophiques, et exposent les populations à des maladies telles que le choléra et les diarrhées aiguës.
A Plaine Savo, l’accès aux soins de santé primaire est très restreint, la prise en charge des survivantes de violences sexuelles est presque inexistante.
Les structures sanitaires locales déjà fragiles, sont aujourd’hui débordées, voire totalement inopérantes dans certaines zones Dans certains cas, des structures de santé ont été contraintes de fermer. Dans la zone de Fataki, la moitié des centres de santé (7 sur 14) ont dû fermer et être déplacés vers les camps de la Plaine Savo. Les autres restent opérationnels malgré l’insécurité, la fuite du personnel médical et l’impact du conflit sur les zones voisines.
Renforcer l’accès aux soins vitaux
Depuis mi-février 2026, MSF a déployé une équipe pour répondre aux besoins médicaux urgents à Plaine Savo et dans ses environs. Les activités couvrent les consultations en santé primaire ainsi que la prise en charge des violences sexuelles.
Depuis le lancement des opérations, plus de 10 000 consultations ont été effectuées, portant essentiellement sur les maladies diarrhéiques, la malnutrition, les infections respiratoires et gastriques. Une trentaine de cas de violences sexuelles ont également été pris en charge.
« Malgré cela, l’accès aux soins demeure extrêmement limité et risqué pour les patients, surtout la nuit, en raison de l’insécurité persistante. Plusieurs patients n’osent plus se déplacer pour chercher des soins, » déplore Sylvain Groulx.
Pour lui, il est urgent et indispensable de mettre en place un couloir humanitaire afin que la population puisse accéder aux services essentiels à sa survie que sont notamment les soins de santé, l’eau et la nourriture.
Les équipes interviennent en collaboration avec les autorités sanitaires locales à l’hôpital général de référence (HGR) de Fataki, où elles soutiennent le service de chirurgie traumatologique et l’unité nutritionnelle. MSF intervient également sur la prévention et le contrôle des infections, ainsi que l’hygiène et l’assainissement, afin d’améliorer la sécurité et la qualité des soins.
Rédaction

