Au cœur d’une affaire politico-judiciaire qui défraie la chronique à Kinshasa, le député et Président du parti Nouvel Élan, Constant Mutamba, a déposé deux requêtes devant la Cour constitutionnelle. Il conteste la régularité des procédures ayant conduit à l’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre.
L’ancien ministre de la Justice remet en question la légalité du vote à main levée à l’Assemblée nationale qui avait autorisé son renvoi devant la justice. Selon lui, cette méthode viole les principes de transparence exigés dans une démocratie parlementaire. Par ailleurs, il demande l’annulation d’une décision rendue par la Cour de cassation, qui avait rejeté une exception soulevée par sa défense.
Dans ce contexte, ses avocats sollicitent la suspension du procès en cours, dans l’attente d’une décision de la Cour Constitutionnelle. Mutamba, qui plaide pour un procès équitable, a lancé devant les juges : « Ça coûte quoi de nous accorder deux semaines, un mois, pour que la Cour constitutionnelle se prononce ? Ça coûterait quoi » ?
Malgré les tensions, l’homme politique se veut combatif : « Je vais affronter ce procès jusqu’au bout… C’est le prix d’un combat que je paie ».
Et d’ajouter, en référence à la procédure engagée : « Si on m’avait laissé le temps de m’exprimer, on n’en serait pas là aujourd’hui. Je ne vais pas fuir, j’irai jusqu’au bout ».
Pour l’heure, les juges de la Cour de cassation se sont retirés pour délibérer sur la demande de suspension. La réponse de la Cour Constitutionnelle dans les prochains jours pourrait peser lourd dans l’orientation que prendra ce dossier, surveillé de près dans les milieux politiques et judiciaires.
Diddy MASTAKI

