La communauté Hutu Congolaise a lancé un nouvel appel à la communauté internationale face à l’aggravation des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration officielle, son Président national, Ezechiel Seburiri, a dénoncé les massacres récents et exigé la mise en place d’un mécanisme de protection internationale pour les civils.
Selon le communiqué, les Hutus Congolais subissent depuis plus de trois décennies les conséquences des guerres à répétition et des agressions qui ont décimé des milliers de vies, détruit les moyens de subsistance et affaibli le tissu social national.
Les événements récents survenus à Binza, dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), sont cités comme illustration de cette violence ciblée : exécutions sommaires, déplacements massifs, destruction de villages et confiscation de terres, confirmés par plusieurs organisations de défense des droits humains.
« Les faits sont accablants : l’armée Rwandaise et ses supplétifs du mouvement armé M23 sont accusés de graves violations du droit international humanitaire », a dénoncé M. Seburiri.
Dans son mémorandum, la communauté Hutu formule quatre principales revendications : la création urgente d’un mécanisme international de protection pour sécuriser les civils ; l’ouverture d’enquêtes indépendantes par l’ONU et les instances régionales pour établir les responsabilités dans les massacres, notamment à Binza ; la reconnaissance officielle des crimes subis depuis plus de 30 ans comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité ; la mise en œuvre de mesures de réparation, comprenant la restitution des terres et la réhabilitation des infrastructures détruites.
Pour M. Seburiri, cette crise doit être traitée avec la même urgence que toute autre situation humanitaire dans le monde. « La dignité humaine ne peut souffrir de sélectivité », a-t-il déclaré, mettant en garde contre le risque d’un « génocide silencieux » si rien n’est fait.
La déclaration, datée du 13 août 2025 à Kinshasa, invite la communauté internationale à agir rapidement afin d’éviter un nouvel engrenage meurtrier dans l’Est de la RDC.
Diddy MASTAKI

