Ministère de la Justice : quatre semaines d’inactivité sans explication-réforme silencieuse ou dérive administrative ? Stratégie ou improvisation ?

Quatre semaines. C’est le temps écoulé depuis que les activités du ministère de la Justice sont suspendues, sans explication officielle. Une décision inattendue prise par le nouveau ministre Guillaume Ngefa, successeur de Constant Mutamba, qui continue de susciter une vive inquiétude et de nombreuses interrogations parmi les agents et cadres de ce ministère stratégique et risque de plonger l’administration judiciaire dans une paralysie inquiétante.

Depuis près d’un mois, plus rien ne fonctionne dans l’un des ministères les plus sensibles de la République démocratique du Congo. Réunions ajournées, dossiers gelés, obtention des certificats de nationalité difficile et tant d’autres : l’administration judiciaire tourne au ralenti, voire pas du tout. Une situation inédite dans un pays où la justice reste un levier fondamental de stabilité et de développement.

Aucune note officielle, aucun communiqué : le silence du ministère alimente les spéculations et nourrit un malaise croissant chez les agents.

«Pourquoi cette suspension ? Est-ce pour permettre au ministre de s’imprégner du fonctionnement de l’administration ? », s’interrogent, avec amertume, plusieurs.

Alors que la RDC fait face à d’importants défis judiciaires — réforme du système, lutte contre l’impunité, désengorgement des prisons, modernisation des juridictions —, cette paralysie administrative est perçue comme un frein dangereux. Des dossiers prioritaires sont à l’arrêt, des procédures suspendues, et la chaîne judiciaire désorganisée.

« La justice élève une nation », dit-on. Mais que devient une nation lorsque le ministère censé garantir cette justice est à l’arrêt ?

Cette inactivité prolongée renforce le sentiment d’instabilité dans un secteur déjà fragilisé par les lenteurs, les ingérences et le manque de moyens.

Jusqu’à présent, pas de justification claire de cette décision afin de rassurer les agents et l’opinion. Ce mutisme est d’autant plus surprenant que sa nomination avait suscité des attentes, notamment en matière de réformes et de restauration de l’autorité judiciaire.

À cet effet, des voix commencent à s’élever pour réclamer la reprise des activités et exiger des explications. Les membres de la société civile appellent à la transparence. « Le ministère de la Justice n’est pas un laboratoire d’expérimentation. Il est le cœur de l’État de droit », martèle un cadre de la société civile.

S’agit-il d’une volonté de restructurer profondément le ministère ? D’un audit discret en cours ? Ou d’un simple manque d’organisation ? En l’absence de communication, les hypothèses se multiplient, et les inquiétudes aussi.

Une chose est sûre : dans un État où la justice est appelée à jouer un rôle central dans la consolidation démocratique, cette mise à l’arrêt prolongée ne peut rester sans réponse. Le peuple congolais a droit à un ministère de la Justice fonctionnel, crédible et transparent. Le retour à la normale est désormais attendu avec impatience.

Rédaction.

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